D'art et d'histoire(s)

Quelques histoires de ma vie...

22 mars 2009

Du bon usage des plantes.

8232e119d8f59aa83050a741631803a6_2Comme vous ne pouvez plus l'ignorez si vous avez lu les pages précédentes, nous avons, dans notre nid, de sérieux problèmes avec les voisins. C'est même à cause (grâce ?) d'eux que j'ai refait mon apparition dernièrement, pour pouvoir exprimer sainement ma colère et mon incompréhension (c'est-à-dire pour me libérer de cette furieuse envie que j'ai parfois d'aller leur casser la g...). Le fait est qu'ils ne sont pas seuls en cause, l'isolation phonique de notre immeuble étant plus que défaillante.
C'est à tel point que, profitant d'un passage en urgence chez le médecin vendredi soir (eh oui, je suis maladeuuuuhhhh, complèèèèètement maladeuuuuuhhhhh...), Chouchou en a profité pour obtenir des "inducteurs de sommeil" (des somnifères quoi...), entre autres choses.
Mais revenons-en à nos moutons.
Nous avons donc désormais à disposition nos petites pilules du bonheur (??), pour nous assurer des nuits plus tranquilles, et le repos que nous méritons bien. Soit des cachets à base de plantes, qui favorisent l'endormissement, soit la version plus "artillerie lourde", si l'option soft ne fonctionne pas assez bien.
Et depuis deux nuits, Chouchou prend ses petites pilules légères pour trouver le sommeil.
Oui mais...

CHOUCHOU RONFLE RONFLE...

Et quand il est sous cachetons, j'ai beau le secouer comme un prunier, pas moyen de le faire bouger. Adieu donc ma nuit de sommeil réparateur à moi, qui n'avait pas choisi de me faire aider par la médecine.
Comme une femme avertie en vaut deux (voire plus, je dirais...), hier soir, j'ai vu le coup venir, et j'ai décidé de prendre moi aussi les petites pilules magiques, version soft. L'idée, c'était : "mon coco, tu pourras bien ronfler, je ne t'entendrai même pas", et je me suis endormie bien aise de penser que cette nuit, ça y était, j'allais enfin pouvoir récupérer.
Oui mais...
Chouchou ronfle... (enfin, oui, aussi, mais au début, c'était pas ça le problème...)

C'était sans compter qu'à 1h du matin, en venant se coucher peut-être (ne me demandez pas les circonstances exactes, je vous rappelle que je dormais profondément...), Chouchou a dû trouver particulièrement pénible les voisins du dessus, et s'est mis à cogner dans le mur pour les faire baisser d'un ton. Mur qui se trouve être juste derrière nos oreillers.
Je me suis retrouvée les yeux grand ouverts, le coeur battant la chamade, en me demandant ce qui se passe, et tout et tout...
Juste le temps d'entendre qu'en effet, le chat des voisins fait la fiesta au-dessus de nos têtes, et que son propriétaire doit être en train de tchater sur son pc ou de faire un jeu de no-life qui nécessite qu'on parle...
... et de me rendre compte que Chouchou, s'est tourné de l'autre côté du lit et s'est paisiblement endormi. Groumphhh...
Oui mais...

CHOUCHOU RONFLE RONFLE...

Impossible de me rendormir... J'ai bien dû le secouer pendant pas loin d'une heure, en lui disant de se taire, en espérant qu'il finirait par changer de position. Bernique.
Sauf qu'au bout d'un certain temps, j'ai dû secouer un peu plus fort, ou toucher un point plus sensible peut-être ? Toujours est-il que je l'ai vu se lever comme une furie et quitter la chambre...
Ca m'a pris près de deux heures pour retrouver le sommeil.
Et je l'ai retrouvé ce matin en train de dormir sur le canapé, et sans ronfler s'il vous plaît...

Au moins, j'ai d'ores et déjà testé les limites des inducteurs de sommeil à base de plantes... Cela dit, ça décontracte réellement, parce que dans une situation pareille et sans eux, j'aurais aussi sec fait un scandale à Chouchou...

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07 mars 2009

Arrrrghhhhh !!!!

scratch_pour_blog2Mouais, j'aurais préféré revenir dans les parages pour autre chose qu'un gros coup de gueule, mais ce sera pour le prochain come-back.
Pas de bol.

Et puis, ça faisait longtemps que je n'avais pas parlé d'EUX...
Les voisins...

Et j'aurais préféré ne jamais avoir envie d'en reparler.
Re pas de bol.

Je vous plante le décor :
Une fois n'est pas coutume, une gentille collègue de Z... m'a fait un planning sympa, avec mon samedi de repos. OUIIIIIIII ! Un samedi, à la maison, suivi d'un dimanche à la maison, et d'un lundi à la maison. Trois jours pour m'occuper de moi, tranquille... Enfin tranquille, ça c'était ce que j'avais espéré... Sauf que ça ne se vérifie pas actuellement. Snif.

Tout ça parce que, hélas trois fois hélas, nos voisins des deux appartements du deuxième étage sont là. TOUS.
Celui qui vit au-dessus du salon, et qui ne sait pas faire autrement que parler fort, déménager tout son mobilier en permanence et marcher sans quitter ses chaussures.
Et ceux qui vivent au-dessus de la chambre à coucher, accessoirement aussi mon bureau, et qui adorent passer leur temps devant une télé qui braille.
Pas décidés à aller passer leur week-end ailleurs pour profiter du beau temps. Merdum.

Donc, côté salon, pour couvrir Voisin n°1, Chouchou n'a pas trouvé d'autre option que mettre en route la chaîne hi-fi, et de faire s'égosiller notre ami Bruce [Springsteen] (oui, parce qu'on écoute ça tous les deux, personne n'est parfait...). Parce qu'il a la chance de pouvoir bosser avec ce genre de musique sans que ça le déconcentre.

Et côté chambre à coucher (et bureau, pour ceux qui suivent pas...), eh ben... j'ai la stéréo : la télé des voisins n°2 à gauche, le dernier Springsteen à droite... Et moi, je suis incapable de travailler autrement que dans le calme...
Quand je vous le disais : pas de bol. Encore obligée de me coller mes boules Quiès dans les oreilles, en espérant qu'elles y resteront bien en place, cette fois...

Manquerait plus que la proprio du rez-de-chaussée choisisse ce week-end pour faire des travaux dans son appart qu'elle n'arrive pas à relouer...

PS : je rends à César etc. L'illustration, trouvée via notre ami le Grand Gogole, est une création (si j'au bien tout compris...) d'un illustrateur, et vous pouvez la trouver dans son contexte original ici : http://blog.lardot-illustration.com/?p=27

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09 juin 2008

Quand même, i' faut qu'j'vous dise...

r_veilOui, parce qu'une nouvelle comme ça quand même...

La voisine (vous savez, celle qui laissait brailler sa télé jusqu'à pas d'heure toutes les nuits ??) a changé de travail... oui oui oui. Et d'horaires, par la même occasion. Oui, parce que, dans un sens, sa vie privée, je m'en contrefous un peu, il faut bien le dire...
Mais maintenant qu'elle est contrainte de partir bosser à 7h30 tous les matins, y'a plus de soirées télé qui tiennent... Résultat, elle est au lit à 10 heures presque tous les soirs... Et c'est pour nous un grand soulagement, je ne vous le cache pas... Même si ça veut dire qu'on peut s'asseoir sur nos éventuels grasses matinées, au moins, on sait qu'on peut espérer dormir du sommeil du juste jusque vers 6h30, et c'est déjà un grand bonheur...

Enfin, faut pas non plus trop s'extasier, on a encore d'autres voisins, nos ivrognes patentés, qui trouvent parfois bon de mettre la radio à fond sur les coups de 3h du matin, en hurlant "APPEEEEEEELLEEEEZ LA POLIIIIIIICE !!!!!". Beh oui, c'est ce qu'on fait, là, justement... Ce qui est très drôle, c'est que le commissariat, à l'autre bout du fil, entend comme nous, et apprécie l'idée à sa juste valeur... Je crois qu'on va avoir quelques jours de répit... lol !

Bon, pour l'instant, je n'en dis pas plus par superstition, et parce que rien n'est sûr, mais j'espère bien pouvoir envisager un déménagement avant la fin de l'année. Sinon, les adresses de psys dignes de confiance et non surfacturés seront les bienvenues...

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20 mars 2008

Ben ça alors...

planche_36Alors ça... Depuis début novembre que je suis à peine venue mettre à jour (et encore !) mes p'tites lectures, que je n'ai plus le temps, ni de venir écrire sur mon bloug, ni d'aller lire ceux des autres, et je me rends compte qu'il continue à y avoir des visiteurs quo-ti-dien sur ma page !!!! Fichtre !
Bon alors, on va pas être trop émotif non plus hein... Une fois enlevés les visiteurs qui passent "par erreur" et ceux envoyés par le grand Gogole après avoir entré dans leur pécé une recherche sur le thème "vilaine grognasse", ou "fac d'art" (un tantinet plus sérieux celui-là hein ??), ou bien encore, tenant depuis longtemps le haut du pavé, "essoreuse à salade électrique" (si je vous assure, j'aurais jamais cru qu'autant de gens rêvent d'en avoir une...), on est bien d'accord, il ne doit plus rester grand monde...

Pour les (rares?) fidèles (et tenaces) qui viennent encore voir si par hasard, j'ai repris le cours de mes billets ici, outre un énOOOOOrme merci, je suis navrée de vous dire que le temps m'est toujours compté, et que je risque ne pas reprendre de si tôt. Priorité à ma thèse, que j'ai repris avec l'énergie du désespoir qui me manquait pour la première tentative. Mais vous serez les premiers informés de l'avancée de mes recherches, promis !!! A moins que madame V. ne me donne encore du grain à moudre, mais celle-là, depuis quelques temps, je la laisse à la place qui lui convient le mieux : au fond du tiroir... !!

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04 novembre 2007

Interruption momentanée.

Bon, les commentaires inquiets ne se sont pas bousculés, mais il en sufit parfois d'un...
Faute de temps, je n'arrive plus à aligner deux mots sur ce blog, et j'avoues avoir connue la panne sèche pour ce qui est de l'inspiration. Je ne tiens pas non plus à ce que tous mes posts concernent le comportement - toujours aussi tordu, je vous rassure - de madame V., et ça commençait à devenir trop... prédominant à mon goût.
Je reprends ma thèse, j'ai des projets en vrac avec l'espoir de les concrétiser sous peu, et dont je ne parlerai pas par superstition, ou par excès de prudence / peur d'une déception.
Puisqu'il paraît que la trêve hivernale est déclarée, je m'engouffre dans la brèche, et je déclare officiellement mon blog en période d'hibernation, le temps au moins d'en retrouver, du temps !!

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24 août 2007

La folie, de génération en génération...

333px_Francisco_Goya___Saturno_devorando_a_un_hijoLe problème, avec les fous qui n'ont pas conscience de l'être, c'est qu'on aura beau faire tout ce qu'on peut, ça ne s'améliorera jamais...

Août 2007, depuis belle lurette dans l'esprit de Chouchou et le mien, est synonyme de vacances avec Miss Mélie. C'est-à-dire, pour nous, tout, sauf des vacances... cqfd. Ce qui explique, entre autres choses, que depuis un moment, j'ai lamentablement déserté mon blog vu que le peu de temps libre qui me reste, je le passe sur le pécé de Chouchou à jouer au Mah-jong...
Parce que sinon, ce ne sont pas les histoires à raconter qui manquent, je vous rassure... Sauf qu'à force de me faire pourrir la vie par Madame V., je vais être obligée de modifier l'intitulé de ma page pour la consacrer en exclusivité à ce condensé de bêtise qui joue les directrices de crêche à Trou Perdu...

Non, ce serait trop d'honneur...

Surtout que là, elle se fait un peu voler la vedette... Par sa mère, d'accord, mais quand même...
Oui, parce que si j'ai déjà eu moults occasions de vous narrer les "exploits" de madame V., je ne crois pas avoir déjà eu celle de vous parler de la vieille peau qui lui sert de mère et, trois hélas, également de grand-mère à Miss Mélie... Comme on dit, les chiens ne font pas des chats, et il n'y a donc pas lieu de s'étonner outre mesure de retrouver dans la version senior les mêmes dégénérescences que dans le modèle junior, en pire quand même, parce que la folie, c'est comme le bon vin, ça à l'air de se bonifier avec le temps...

Je vous brosse le tableau (oui, un peu d'art quand même, histoire de s'élever...) :

Imaginez, une petite maison vaguement néo-machinchose, avec un bout de pelouse devant, tous les volets fermés (il est 9h du matin que diable !!), une haie à peu près taillée (avec le taille-haie de Chouchou sans doute...) et un portillon en bas des marches qui donne sur l'absence de trottoir... Il y a peut-être six ou sept marches pour atteindre la porte d'entrée, fermée bien sûre, et comme il n'y a pas de sonnette au portillon, nous n'avons que deux options : entrer dans une propriété privée pour aller cogner à la porte, ou attendre dans la rue qu'on daigne nous ouvrir...
Imaginez, une tête qui apparaît derrière le rideau de la fenêtre miniature qui éclaire l'entrée... Le rideau retombe, puis une autre tête apparaît... C'est sûr que le moteur 6 cylindres de la voiture n'est pas des plus discrets, difficile de dire qu'on ne nous a ni vus ni entendus...
D'abord, c'est le chien qui sort dans la rue, par le garage dont, ô surprise, la porte était restée ouverte. On commence par attraper le boxer baveux par le collier pour l'empêcher de monter dans la voiture et lui rappeler que tout chien de pseudo-garde qu'il est, il n'est pas le chef de la meute... A dégager le boxer, le seul à avoir compris que nous n'étions pas méchants et qu'il pouvait donc tranquillement retourner au confort de sa niche sans plus s'inquiéter...
Ensuite, ça a dû être l'heure de la promenade des fous...
Monsieur V., qui huit jours auparavant téléphonait à Chouchou pour avoir des détails sur sa séparation (financiers les détails, ben oui, c'est bien lui qui sue sang et eau maintenant pour éponger les crédits que multiplie sa chérie...), Monsieur V. est en bas des marches, en répétant que LUI il travaille et qu'il n'a pas que ça à faire (ah?), et roule des mécaniques parce qu'il est influençable et que mesdames V. lui en ont tellement bourré dans son peu de cerveau qu'il n'a pas d'autre choix que d'être là s'il veut encore avoir l'air d'un homme (avoir l'air d'un homme, c'est pas ça mon biquet, c'est être capable de regarder les choses en face et de prendre ses responsabilités...). Mais bon, il reste derrière le portillon tout de même, il est courageux mais pas téméraire le garçon...
Madame V junior, elle, est restée en haut, les jambes écartées pour empêcher Miss Mélie de descendre rejoindre son père. Je crois bien qu'elle tient un truc dans les bras, sans doute son petit dernier, qui a l'air d'être déjà bien habitué à l'hystérie de sa mère, parce que pendant les 20 minutes de "l'échange", il n'a pas moufté une seule fois... Elle nous houspille, Chouchou et moi, de sa petite voix de crécelle, mais comme d'habitude, elle n'a pas de vocabulaire, et personne ne fait attention à ce qu'elle dit...
Mais la palme d'or de la mise en scène revient à madame V. senior, plantée sur ses ergots au bord de la route, que s'il y avait eu un tas de fumier elle serait spontanément montée dessus, j'en mettrais ma main à couper... Elle tient la valise de Barbie à la main, et elle a l'air bien décidé à nous la faire bouffer... 1m50 (en comptant les talons et le brushing) de haine et de vie ratée qui se tient devant nous et qui veut faire la loi.
Pour vous resituer le contexte, Chouchou, outre le fait qu'il avait averti Miss Mélie plus d'un mois avant, avait pris la peine de téléphoner la semaine précédente à Trou Perdu pour préciser l'heure à laquelle on passerait prendre la petite, et que, eu égard au fait que nous prenions aussitôt la route pour quelques jours au soleil, avec certes une grosse motorisation mais un tout petit coffre, il était inutile d'encombrer Miss Mélie avec une valise de vêtements, d'autant que ça fait belle lurette que nous lui avons fait une garde-robe digne de ce nom à la maison (m'enfin, ça, il a eu l'intelligence de ne pas le rappeller...). Bref, pour dire que, côté vêtements, on avait le nécessaire, et qu'en dehors de sa trousse à pharmacie et de sa carte d'identité, nous n'avions besoin de rien.
Sauf que Junior et Senior avaient décidé que si, cette année, il était im-pé-ra-tif que Miss Mélie parte avec sa valise. Le juge avait stipulé dans son dernier avis que ce n'était pas nécessaire, mais c'est pas grave : Miss Mélie risquait visiblement de mourir si elle n'avait pas son bagage avec elle. Donc, le modèle senior était là, sur la route, la valise au bout du bras, hurlant entre deux insultes qu'il fallait qu'on la prenne, cette p**ain de valise. Ni une ni deux, on l'attrape (la valise, pas la vieille, j'avais rien pour me laver les mains...), on l'ouvre, on en sort carnet de santé et médicaments (pas trace de la carte d'identité, tiens donc...), et on repose la valise, en rappellant que nous avions précisé "pas de bagages". Monsieur V., de l'autre côté de son portillon, nous réclame "un mot" (???), à quoi Chouchou se contente de rétorquer qu'ils ont déjà un "mot", et signé par le juge qui plus est...
Et là, tandis que Junior, en haut des marches, continuait d'empêcher Miss Mélie de descendre, en nous disant, en substance, que si nous voulions la petite, nous devions prendre la valise (mais ils me courrent sur le haricot avec leur valise !!!), Senior récupère le bout de plastique rose, et tente de le balancer dans le coffre, sous mon nez !! Réflexe instinctif, je referme le coffre. Sauf erreur, c'est MA voiture (oui, Chouchou, la tienne aussi, c'est pas du tout ça que je voulais dire...!!) et il n'est pas question qu'une inconnue y pose ses pattes sans MON autorisation.
Qu'à cela ne tienne, si ça ne marche pas par la porte, on essaye par la fenêtre ! Et moi de voir la vieille bique ouvrir la portière arrière pour jeter le machin sur la banquette !!! OUhhhh mais où est-ce qu'elle se croit ???? Je vois surtout Chouchou qui commence à voir rouge, qui ressort en haussant le ton, et qui balance cette satanée valise par-dessus le portillon, tout en se faisant bousculer à pleines mains par le mètre-cinquante...
Moi, ni une ni deux, je retourne farfouiller dans mon sac, et j'attrape mon portable en disant "ça suffit, j'appelle les flics...". Roquet Junior m'aboie du haut de ses escaliers qu'elle s'en fout, que je peux y aller, que de toute façon elle connaît le chef de la brigade ("tentative de collusion", c'est bien comme ça qu'on dit, non ??)... Je me rappelle avoir levé les yeux vers elle en souriant, et en lui disant qu'elle n'était peut-être pas seule à avoir des relations, avant d'être mise en ligne avec un poste de Vannes qui m'a expliqué la marche à suivre, ou plutôt qui a tenté de le faire en me demandant de temps en temps "est-ce que ça va?", sans doute à cause du bordel que faisaient la vieille et sa clique autour de nous... Toujours est-il que, relation ou pas, Junior a aussi sec laissé passer la petite, qui a atterrit Dieu sait comment dans notre voiture, non sans avoir été stoppée au vol par la grand-mère pour une dose bien sentie de bisous (elle doit piquer quand même...) et de "oh ma pauvre petite, tu vas t'ennuyer, un mois, ça va être long...", à tel point que Chouchou n'a pas pu s'empêcher, en remontant en voiture, de se tourner vers elle pour lui envoyer, méprisant, qu'elle n'était qu'une sinistre folle. Je suis rentrée dans le véhicule à sa suite, en remerciant le pauvre gendarme à l'autre bout du fil, et en verrouillant en catastrophe les portières pour empêcher un nouvel atterrissage de valise sur la banquette.
Dans mon dos, une petite fille de huit ans et demi, les yeux écarquillés, venait d'assister à toute la scène, et tentait bravement de garder le sourire...

Posté par Mikaela à 16:33 - Miss Mélie - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 juillet 2007

Du niveau intellectuel de certain(e)s.

ampoule_20allumeeÔ miracle, au bout de quoi...? quatre ans de rupture de la vie commune avec son père, Miss Mélie se décide enfin à lui envoyer une carte postale de vacances, pendant qu'elle est avec sa mère donc... (c'est pour être sûre que tout le monde suive...). Je n'vous dis pas comment Chouchou était content. Surpris, mais content. J'ai su depuis que les grands-parents de Miss Mélie avait été gratifiés eux aussi d'une autre carte, visiblement moins appliquée (c'est bien connu, les grands-parents ne font pas ce genre de remarque...) mais tout de même... J'en connais à qui ça a fait plaisir.

Sauf que sur la carte de Chouchou, il y a quand même la petite "touche perso" de Madame V. ; eh oui, on ne se refait pas... En rédigeant l'adresse (parce que si vous voulez que le courrier arrive, il vaut mieux ne pas confier cette opération à Miss Mélie-patachon...), elle s'y prend comme ceci :
"Chouchou" (le nom d'abord et le prénom après, et sans donner du Monsieur, il va de soi, on n'est pas dans l'impersonnel mais dans l'abaissement de l'autre... mais passe encore...) "Chouchou", donc, "and Co" !!!! Suivi de l'adresse truffée de fautes...

Comme nous n'avons ni chien, ni chat, ni canari, ni poisson rouge, je suppose que "and Co", c'est pour ma pomme...
Je ne sais pas si l'intention était de me vexer, mais ce qui est sûr, c'est que j'ai ri comme une baleine en lisant la chose, au beau milieu du trottoir, sous le regard perplexe des passants... Pour une fois que je pars bosser chez Z. en rigolant...
Faudra p'tet' que je pense à la remercier, cette brave dame...

Posté par Mikaela à 17:19 - Miss Mélie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 juillet 2007

Madame Moi Je.

Ou le second prénom de Madame V.
Comme je vous le disais l'autre jour, lorsque Chouchou ose dire à madame V. que sa fille présente de fortes caractéristiques des comportements dyslexiques, et qu'il faudrait sérieusement envisager un bilan avant la rentrée des classes, Chouchou se fait traiter d'abruti et s'entend dire qu'il a une imagination débordante. Toute entière tournée vers un profond désir de chercher des noises à son ex-femme, cela va de soi. Passée cette leçon de morale doublée d'une paranoïa aigüe, on se dit que les choses en resteront là, à moins que nous ne fassions nous-mêmes le nécessaire pour aider Miss Mélie.

Et quand Chouchou se rend à l'école le week-end dernier pour rencontrer l'institutrice et faire un bilan de l'année scolaire écoulée, qu'apprend-il ?

Tiens, un petit QCM, ça faisait longtemps...

a. Que Miss Mélie a redressé la barre, à tribord toute, pour finir l'année dans une apothéose de ronds bleus... Son neurone einsteinnien s'est enfin réveillé...
b. Que c'est le temps des suprises parties, yé yé yé...
c. Que madame V. est venue à l'école le mercredi précédent pour demander son avis à la maîtresse, parce qu'ELLE soupçonne un problème de dyslexie chez Miss Mélie...
d. Que Miss Mélie a par-fai-te-ment le niveau pour passer en CE2, oui môsieur...

Eh oui, le crois-tu (Lustrucru), madame V. s'est rendue à l'école, le jour même où elle a reçu un second recommandé de Chouchou lui disant, en termes polis, de laisser tomber la paranoïa et de s'intéresser, une fois n'est pas coutume, au comportement de sa fille. Disant même que si elle ne fait rien (Rintintin), lui se chargera de réagir et d'assurer le suivi de Miss Mélie. Le tout dans la plus parfaite courtoisie, cela va de soi. Non mais, quelle coïncidence...!!!
Et là, sans hésitation ni remords aucun, elle s'attribue tout le mérite d'avoir remarqué que les difficultés scolaires de Miss Mélie pourrraient bien trouver leur origine dans un problème de dyslexie... Pourtant, c'est étrange... J'avais cru comprendre qu'elle considérait juste que Miss Mélie était un peu nulle, et qu'elle fatiguait vite du cerveau ??? J'ai dû rater quelque chose...
Ce qui ne l'empêche pas, par ailleurs, de considérer le dialogue avec Chouchou sur le sujet comme une chose tout à fait inenvisageable, et pourquoi faire, je vous l'demande, est-ce que j'irais m'embêter à lui répondre que je vais enfin m'intéresser au problème ??
Je sens donc que le prochain recommandé à destination de Trou Perdu risque fort d'être en forme d'ultimatum, avec obligation de réponse écrite sous quinzaine, sous peine de voir Chouchou gérer seul l'organisation du suivi de Miss Mélie, avec bilan orthophonique et traitement à la clé, sans parler du recours aux tribunaux pour obtenir que la mère soit contrainte d'autoriser la reprise des soins psychologiques.
Et dire que, pendant ce temps, il y en a une qui raconte à Miss Mélie que tout ça, c'est parce que son crétin de père veut faire du mal à man-man...

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27 juin 2007

Il était une fois...

... une famille de tailleurs de pierre.

Bon, en fait, mes trois heures d'insomnie de la nuit dernière, outre la tête de déterrée que je présente actuellement à mon pécé, ont eu l'heureux effet de me donner une petite idée sur la manière d'aborder mes recherches de thèse dans le cadre de mon blog... S'il faut mal dormir et avoir de la fièvre pour trouver des idées de ce genre, on n'est pas rendu...

Il était donc une fois une famille de tailleurs de pierre...
En sortant de mon DEA (oui, c'est un truc que les moins de vingt ans etc.), je n'avais pas de sujet valable dans le cadre d'une thèse. L'architecture des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem en Bretagne à la fin du Moyen Age, c'est pas un truc vendeur... (ça y est, j'en vois déjà qui prennent le chemin de la porte...). Et, plus sérieusement, c'était surtout un corpus d'édifices trop disparate pour en tirer des conclusions dignes d'intérêt.
J'aurais bien aimé travailler sur la cathédrale de Quimper, mais on m'avait dit clairement que le sujet était réservé à une chercheuse qui avait produit un mauvais DEA sur le sujet avant de bifurquer vers des concours, mais qu'on ne savait jamais, si elle voulait le reprendre, blablabla... Oki, soit.
J'ai donc cherché un sujet qui me permette de travailler sur zone (que ceux qui ignorent encore que je vis en Bretagne lèvent la main !) et qui me permette de tâter de l'étude d'édifices multiples, chose que je n'avais encore jamais pu faire de manière approfondie. Et je suis tombée sur les Beaumanoir... Joli nom hein ?

Les Beaumanoir, pour ceux qui s'intéressent à l'architecture médiévale bretonne, on les trouve cités dans tous les bouquins. Même les guides touristiques ne manquent pas de signaler leur existence. Ecrire un bouquin sur l'art de la Bretagne médiévale sans parler des Beaumanoir, c'est comme écrire un bouquin sur Paris sans parler de la Tour Eiffel... Ca ne se peut pas.
Sur le coup, on se dit, en regardant les photos des édifices, que c'est bien joli et fort intéressant, mais qu'avec toute cette gloire, il doit y avoir belle lurette qu'on a fait le tour de la question... Et puis, en farfouillant, on s'aperçoit que toute cette science s'appuie sur quelques pages d'observations écrites par un érudit au début des années 1930, avec des remarques très pertinentes et d'autres qui ont l'air plus expéditives, et que depuis, rien n'a été dit de plus neuf. Et même, qu'on s'est empressé de rajouter au corpus déjà tendancieux du départ, tout ce qui, de près ou de loin (surtout de loin), pouvait s'apparenter aux formes du déjà célèbre "atelier Beaumanoir".

Pour vous expliquer en deux mots, les formes Beaumanoir, c'est ça :

PLUFUR_01_01

Enfin, ce n'est pas que ça, mais disons que c'est l'élément-phare de l'atelier, avec notamment le clocher, mais ça, ce sera pour une autre fois... Du coup, quelle qu'en soit la date de construction, bon nombre d'édifices pourvus de chevets à noues multiples (beh oui, c'est comme ça que ça s'appelle...), c'est-à-dire avec des pignons aigus multiples couverts par des toitures et donc des éléments de charpente autonomes, bon nombre d'entre eux donc, se sont retrouvés estampillés Beaumanoir alors qu'ils n'avaient qu'une lointaine ressemblance avec l'original (ci-dessus), et même alors qu'ils avaient construits à une toute autre époque.

L'édifice que je vous montre en guise d'exemple, c'est le chef-d'oeuvre, au sens premier du terme, du membre le plus célèbre (d'accord, tout est relatif...) de la famille, j'ai nommé Philippe Beaumanoir. C'est une petite chapelle, aujourd'hui partiellement délabrée, dédiée à Saint-Nicolas, et qui se trouve dans un charmant site champêtre de la commune de Plufur, dans les Côtes-d'Armor. Datée de 1489, elle est visiblement la première d'une longue série d'édifices à peu près contemporains dans lesquels on retrouve, avec de légères variantes dans les modénatures, le même type de chevet et le même type de clocher (oui, les deux ensemble...). Ce qui est intéressant, c'est qu'on retrouve tous ces édifices dans une zone géographique restreinte, sur une bande, disons, d'environ 60 km de large, autour de la ville de Morlaix.
Pour ce qui est de la fourchette chronologique de cet ensemble, c'est en revanche beaucoup plus flou. La plupart des édifices ne portent pas d'inscription dédicatoire (contrairement à la chapelle Saint-Nicolas) ou même une marque lapidaire quelconque susceptible d'orienter vers une date de construction. Ils ne sont pas non plus documentés par des documents d'archives contemporains de la construction. Et comme bien sûr nous sommes en Bretagne, l'ensemble des édifices est en granite, dont l'usure rapide rend bien difficile une datation précise. La permanence des formes décoratives dans la région est un autre facteur d'erreur. Disons, pour être large, dans les deux dernières décennies du 15e siècle et les trois ou quatre premières du 16ème.

Il est certain que, sur un laps de temps aussi réduit, l'ensemble des chantiers (une vingtaine) n'a pas pu être l'oeuvre d'une seule et unique personne. Cette conclusion s'est imposée d'emblée, dès la première publication de René Couffon en 1933. Il fallait donc qu'il y ait un a-te-lier. CQFD.
Le problème, quand on est un bon thésard en quête effrénée de certitudes scientifiquement prouvées, c'est qu'il n'existe rien qui prouve, justement, une organisation dans le cadre strictement délimité d'un "atelier", c'est-à-dire un groupe d'individus travaillant de concert sous la direction d'un maître, lui-même chargé de former des apprentis. Un groupe dont on retrouverait les formules remployées à l'identique d'un chantier à l'autre ; un groupe dont les différentes mains deviendraient aisément identifiables sur chaque édifice pour l'oeil aguerri de l'historien d'art.
Eh ben, je vous le donne en mille, rien de tout ça !! Et pourtant, je m'y suis usé les noeils sur ces vieux cailloux, je vous l'jure !!!

Résultat des courses, me voilà avec un corpus d'édifices cohérent, dans une aire géographique cohérente, et dans une fourchette chronologique restreinte, et dont je ne peux rien faire, parce que JE NE PEUX RIEN PROUVER. Scrongneugneu...
Sauf que j'avais beau le hurler sur les toits, pleurer misère qu'il y avait un problème (ben oui, le sujet, c'était quand même "l'atelier Beaumanoir"...), mon cher directeur de thèse ne trouvait à me dire que "mais non, vous êtes sur la bonne voie !!!". Il avait juste oublié de préciser que la voie menait droit dans un mur. Ca, il ne me l'a annoncé qu'à six mois de la soutenance, avec conseil de modifier d'urgence mon sujet (ben, tiens, fastoche !), genre en élargissant à tous les édifices religieux de la zone, dans des limites ecclésiastiques moins facilement attaquables par exemple... Genre... Juste soixante-dix édifices supplémentaires à ajouter au corpus de départ, en moins de six mois, recherches et rédaction incluses, avec le boulot et les cours à côté, et viens pas t'plaindre que t'es débordée ma fille...! Finger in ze noze même !!!

Bref, après m'être accrochée à mes illusions pendant quelques temps, j'ai finalement opté pour la seule solution envisageable : laisser tomber. Et depuis un an, je me morfonds savoure mon temps libre retrouvé...
Sauf que je suis plutôt du genre "têtue comme une mule" moi... Et que je n'ai pas décidé à l'âge de onze ans que je serais historienne d'art-archéologue-conservateur-Indiana Jones pour baisser les bras si près du but.
Me voici donc repartie pour un tour, inscription en doctorat pour les trois années qui viennent, à l'université de Poitiers cette fois, qui dispose visiblement d'un centre de recherches en architecture médiévale très réactif, et d'une directrice de thèse accordant un véritable suivi à ses étudiants. J'élargis mon sujet de départ pour m'attacher désormais à l'étude de "l'architecture flamboyante entre Léon et Trégor" et confirmer, à terme, ma spécialisation dans l'étude plus générale de l'architecture flamboyante, dont la France compte un nombre plus que restreint de représentants...

Voilà, certains parmi vous réclamaient que je parle de ma thèse et de mes recherches, c'était donc une petite introduction qui, j'espère, n'aura fait fuir personne... Si tant est que Canalblog accepte de publier mon billet à la date programmée, parce que demain, c'est premier jour de soldes, et je n'aurais pas eu le temps de rédiger quelque chose. Et franchement, parler tous les ans des soldes, ça n'a pas d'intérêt... Pour ceux qui trouvent que oui, j'en ai déjà parlé , et je suis sûre que cette année, ce sera exactement la même chose...

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26 juin 2007

Chouchou ex-père ??

350px_Francisco_Goya___Saturno_devorando_a_un_hijoSi l'on en croit la façon qu'a madame V. d'envisager les choses... Il semble que, décidément, elle confonde le fait d'avoir un ex-mari, et le fait que sa fille ait un père.
Sauf que ça devient de plus en plus grave...
Je vous raconte...

Il y a un peu plus de huit jours, nous avions Miss Mélie chez nous pour l'habituel week-end de garde, l'avant-dernier avant les grandes vacances (parce que oui, il paraît qu'on est en juillet, bientôt...). Nous récupérons une petite fille qui, une fois de plus, avait malencontreusement oublié ses cahiers de devoirs, et qui surtout, refuse obstinément d'avaler plus de deux bouchées à table. Pourtant, elle était toute contente de venir, et comme c'était un week-end sans école le samedi, elle avait même demandé à ce que son père vienne la chercher dès le vendredi soir : une première...
Donc, le vendredi soir, nous nous heurtons à un "j'ai pas faim, j'ai mal au ventre...". Comme ce sont des choses qui arrivent, on n'insiste pas et on envoie Miss Mélie se coucher, pour être au chaud sous la couette, avec un livre ou des feuilles pour dessiner si elle veut, même... On s'interroge quand même, parce que son comportement n'est pas aussi décontracté qu'à l'habitude, et que son ventre a plutôt l'air de crier famine, mais bon...
Le lendemain, Miss Mélie tord le nez au moment du petit déjeuner... Elle a encore mal au ventre. Comme son père vient de mettre un mot dans le cahier de correspondance pour dire à la maîtresse qu'elle a oublié son cahier de devoirs, on commence à envisager que les maux de ventre sont plus d'origine psychologique qu'autre chose...
Au repas de midi, rebelotte. Et comme par enchantement, le mal de ventre se dissipe sitôt donnée l'autorisation de sortir de table... Après avoir passé une après-midi entre filles à faire les boutiques pour trouver un cadeau de fête des pères pour Chouchou, on rentre toutes deux au bercail pour le goûter. Un demi-croissant plus tard : "j'ai pas faim"... Quand on sait que Miss Mélie est habituellement un estomac sur pattes, un puits sans fond, là, on commence vraiment à soupçonner qu'il se passe quelque chose de pas normal. Au dîner, on lui fait choisir le menu, mais on se heurte au même problème : pas faim, mal au ventre... Et un museau de dix pieds de long. Et une tentative de se forcer à vomir dès qu'on lui demande d'avaler une fourchette supplémentaire. Que du bonheur.
Avec Chouchou, on commence quand même à avoir l'habitude d'alterner des week-ends supers avec d'autres où on sent bien que Miss Mélie est si convaincue qu'elle va s'ennuyer ferme qu'elle fait tout pour que ça se produise. On ne se demande même plus ce que sa mère a bien pu lui tenir comme discours pour en arriver à ce résultat... Mais à ce point-là, ça ne s'est encore jamais produit.
Du coup, je mets les deux pieds dans le plat. Il y a quelque chose qui ne va pas, ça se voit, et ça n'ira pas mieux si on n'en parle pas... Et ce n'est pas le mal de ventre qui est à l'origine du problème, mais bien le problème qui provoque le mal de ventre... On voit trop bien qu'en plus de la boule qui lui tord l'estomac, Miss Mélie a aussi un noeud dans la gorge. La moindre remarque l'amène au bord des larmes, et l'angoisse se lit sur son visage. Elle opine du chef, oui oui, il y a bien quelque chose, et elle veut bien m'en parler, mais rien qu'à moi...
Ni une ni deux, Chouchou se retranche dans son bureau et Miss Mélie commence à vider son sac, un tout petit peu...
C'est qu'elle a "beaucoup beaucoup de soucis"...

A l'école d'abord... Elle est très mauvaise élève, et n'est pas sûre de passer en CE2. Et puis les copines, dans la cour de récré, font des cachotteries dans son dos et ne veulent pas jouer avec elle au loup (petit chef et mauvaise perdante comme elle est, ça n'a rien d'étonnant...). Bon d'accord, mais ça, ça arrive tous les ans, et jusqu'ici, ça ne lui a jamais coupé l'appétit...
Roulée en boule sur le canapé, Miss Mélie regarde dans le vague, et s'étonne que je sache qu'elle a un noeud dans la gorge et une boule dans l'estomac. Elle écoute avec attention quand je lui explique qu'ils ne partiront que quand elle aura pu dire ce qui lui pose vraiment problème. Mais ça a du mal à sortir...
C'est pas grave, si tu n'arrives pas à le dire, essayes de l'écrire... Papier, stylo, résultat : "jemare de mager". Traduction : "j'en ai marre de manger". Ahhhhh... Tentative de le prendre sur un mode léger : " Oh, ben, mais pourquoi ça donc ??" [rire jaune]. Réponse de Miss Mélie : "ben, tu sais, grand-mère, elle avait des parents et même son frère [moi, me grattant virtuellement la tête pour trouver le rapport...], ben elle les a perdu quand elle était jeune, elle avait treize ans !! [moi, en train de me dire que Miss Mélie a déjà bien du mal à gérer le divorce de ses parents, quelle idée vraiment d'aller lui polluer la tête avec des histoires de ce genre..., mais quel rapport ???]. "Ben eux, maintenant, tu comprends, ils ont plus de soucis. Donc, si j'arrête de manger, ben, j'aurai plus de soucis moi non plus...". CQFD.
Okayyyy, pas de panique, surtout ne pas montrer que tu as les mains qui tremblent, garder une voix assurée... Respires... [oh put*in c'est graaaave là...]

Quand on a reçu aucune formation à ce genre de situation, qu'est-ce qu'on fait ? Ben on improvise, au feeling. La première chose qui s'est imposée (en dehors des insultes mentales instantanées en direction de madame V.), ça a été de faire prendre conscience à Miss Mélie des conséquences dramatiques de son discours, quitte à la choquer. "Tu sais ce qui se passe quand on arrête de manger ? En fait, on a encore plus de soucis...". Je vous passe le tableau façon film d'horreur, la description de Miss Mélie trop maigre pour pouvoir jouer, courir, regarder la télé, réfléchir, obligée de rester au lit d'abord, puis emmenée à l'hôpital et intubée, avec tellement mal au ventre parce que l'estomac, lui, il continue à bosser dans le vide... "Et quand on ne mange plus, au final, qu'est-ce qui se passe ?" Moue incertaine de Miss Mélie... Moi : "on meurt". Regard choqué et horrifié de la demoiselle, qui n'avait pas envisagé la chose si crûment.

Il faut savoir que du haut de ses 19 kg, Miss Mélie n'est pas peu fière de répéter à qui veut l'entendre qu'elle est très belle, qu'elle est bronzée (mais pas qu'elle tente de cacher à son père les décolorations blondes que sa mère lui fait régulièrement pour éclaircir ses cheveux), et puis qu'elle est très fine et qu'on lui dit qu'elle est légère comme une plume (sur le mode "c'est génial")... Il faut savoir que de Chouchou, qui n'a pas echappé à la bedaine post-trentaine, madame V. n'hésite pas à dire, devant la petite, que son père est gros et gras (limite libidineux vous voyez...), et que c'est dégueula**e. Et il faut savoir enfin que madame V. a toujours fait une fixation sur sa ligne. Visiblement transmise à sa fille. Sauf qu'elle, elle n'a que huit ans et demi, pas mal de problèmes sur les épaules, et qu'il n'y a qu'un pas pour tomber dans l'anorexie. Ne rien manger, remède miracle contre tous les maux.

Il faut croire que mon argumentaire était suffisamment porteur, parce que Miss Mélie a très vite demandé à retourner dans la cuisine, parce qu'elle avait encore faim... Le nez dans sa salade de tomates, elle a admis que les vrais gros problèmes concernaient papa et maman, et qu'elle n'osait pas en parler par peur de faire de la peine. Je n'ai pas réussi à en savoir plus, et je n'ai pas voulu forcer les choses.
Le dimanche, Miss Mélie a fait un petit déjeuner d'ogresse, et je l'ai prise à part pour lui expliquer que son discours de la veille était grave, qu'en conséquence je ne pouvais pas le garder pour moi (en fait, je l'avais déjà retranscris à Chouchou la soir même) et que Papa allait faire une lettre à Maman pour lui expliquer tout ça. Qu'au vu de son hésitation bien compréhensible à aborder les problèmes de fond avec nous, je trouvais que ce serait bien pour elle de retourner voir le pédopsychiatre qui la suivait l'an dernier, pour pouvoir vider son sac devant une personne extérieure et impartiale. réponse immédiate de Miss Mélie : "oui, d'accord". Le fait qu'on prévienne sa mère avait quand même l'air de l'inquiéter, mais il était grand temps de passer outre les conflits d'adultes...

Le lendemain, des recommandés sont partis tous azimuts. Jusqu'à dimanche, aucune nouvelle. Et le soir, coup de fil de Miss Mélie, qui n'avait rien à dire, juste échanger trois mots avec son père. Qui, lui, en profite pour demander à parler à madame V. [soupirs de Miss Mélie]
La réaction de cette dernière a été sans suprise : de toute façon, le père de Miss Mélie est un c*n, un incapable, un abruti, il invente n'importe quoi, elle ne comprend pas ce qu'il veut obtenir (comme si on n'agissait que pour obtenir quelque chose...), qu'il a 36 ans, et qu'il faut qu'il grandisse... Ne me demandez pas le rapport, je ne l'ai toujours pas trouvé... Le haut-parleur étant enclenché, j'ai donc entendu la plus belle leçon de morale à laquelle il m'ait jamais été donné d'assister... Chouchou n'a pas pu placer un mot, elle n'arrêtait pas de parler !!! Et, cerise sur le gâteau, quand il a coupé court au monologue de madame V. en se rendant bien compte qu'il n'y aurait aucune avancée significative et qu'on partait bien loin du problème de Miss Mélie, j'ai entendu madame V. cracher la plus belle ineptie qui soit : "ah, de toute façon, avec toi, on ne peut pas discuter..." Je n'en suis toujours pas revenue...

Notre première réaction, la semaine dernière, a été de remettre en question notre propre façon d'agir avec Miss Mélie. Est-ce que le problème vient de nous ? Est-ce qu'on est trop durs avec elle ? Est-ce qu'elle est mal quand elle vient chez son père ? Visiblement, elle est heureuse d'être là, elle demande sans arrêt quand on reviendra la chercher, applaudit des deux mains quand on lui propose des activités, et recherche notre présence, notre avis, nos conseils. Elle angoisse à l'idée de déplaire à son papa, et même à moi, et nous devons sans cesse la rassurer sur ses capacités. Et comme nous l'a dit une orthophoniste que j'ai contacté pour savoir comment se passait la prise en charge d'une enfant visiblement dyslexique, elle ne se confierait pas à nous si elle nous considérait comme responsables et incapables de l'aider...
Nous avons longuement discuté avec l'infirmière du Centre Médico-Psychologique, qui nous a confirmé que nous avions raison, ô combien, de nous inquiéter. Mais qu'ils étaient impuissants à agir si la mère refusait la reprise des soins. Dans la mesure où nous avons signalé aussi une forte présomption de dyslexie, ce que madame V. se refuse bien sûr à admettre, elle nous a conseillé de passer outre l'avis maternel et de faire faire nous-mêmes un bilan. Pour le reste, il faudra sans doute passer par le tribunal afin d'obtenir une obligation de soins.

Voilà comment une femme, une soi-disant professionnelle de l'enfance, parvient à détruire à petit feu sa propre enfant. Au fil du temps, Miss Mélie se rapproche de son père, commence à se confier à lui, se rend compte surtout qu'il est présent et à l'écoute. Elle voudrait bien une garde alternée pour pouvoir le voir plus... Et je me dis que madame V., voyant son influence diminuer, tente par tous les moyens de maintenir l'enfant dans sa dépendance. Elle n'a donc aucun problème, aucune remise en question n'est nécessaire. Il y a juste que Miss Mélie, selon sa mère, est un peu nulle, et qu'elle fatigue vite du cerveau. Et, conséquence logique, qu'elle n'est donc pas capable de se débrouiller sans l'aide de sa mère. Sans son père par contre, elle y arrive très bien, si l'on en croit madame V. Quantité négligeable que le père après un divorce... Un ex-père donc, tout juste bon à signer un chèque mensuel...
Mais ce que je constate moi, c'est qu'en ne partageant avec sa fille que 10% du temps à peine, Chouchou a quand même été capable de détecter de multiples problèmes, et de faire le nécessaire pour prévenir les personnes compétentes. Qu'il a pris sur lui pour contacter la mère, en passant outre le conflit latent entre eux. Que les difficultés de Miss Mélie lui ont sauté aux yeux, quand madame V. persiste à dire que tout va bien.
Bref, je constate, qu'au lieu de l'ex-père incapable que madame V. tente de vendre à tout le monde, c'est plutôt un Papa expert qui se démène pour aider sa petite fille à surmonter ce qui lui pose problème.
Ex-père ou expert, le choix est vite fait...

Posté par Mikaela à 12:29 - Miss Mélie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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