D'art et d'histoire(s)

Quelques histoires de ma vie...

24 août 2007

La folie, de génération en génération...

333px_Francisco_Goya___Saturno_devorando_a_un_hijoLe problème, avec les fous qui n'ont pas conscience de l'être, c'est qu'on aura beau faire tout ce qu'on peut, ça ne s'améliorera jamais...

Août 2007, depuis belle lurette dans l'esprit de Chouchou et le mien, est synonyme de vacances avec Miss Mélie. C'est-à-dire, pour nous, tout, sauf des vacances... cqfd. Ce qui explique, entre autres choses, que depuis un moment, j'ai lamentablement déserté mon blog vu que le peu de temps libre qui me reste, je le passe sur le pécé de Chouchou à jouer au Mah-jong...
Parce que sinon, ce ne sont pas les histoires à raconter qui manquent, je vous rassure... Sauf qu'à force de me faire pourrir la vie par Madame V., je vais être obligée de modifier l'intitulé de ma page pour la consacrer en exclusivité à ce condensé de bêtise qui joue les directrices de crêche à Trou Perdu...

Non, ce serait trop d'honneur...

Surtout que là, elle se fait un peu voler la vedette... Par sa mère, d'accord, mais quand même...
Oui, parce que si j'ai déjà eu moults occasions de vous narrer les "exploits" de madame V., je ne crois pas avoir déjà eu celle de vous parler de la vieille peau qui lui sert de mère et, trois hélas, également de grand-mère à Miss Mélie... Comme on dit, les chiens ne font pas des chats, et il n'y a donc pas lieu de s'étonner outre mesure de retrouver dans la version senior les mêmes dégénérescences que dans le modèle junior, en pire quand même, parce que la folie, c'est comme le bon vin, ça à l'air de se bonifier avec le temps...

Je vous brosse le tableau (oui, un peu d'art quand même, histoire de s'élever...) :

Imaginez, une petite maison vaguement néo-machinchose, avec un bout de pelouse devant, tous les volets fermés (il est 9h du matin que diable !!), une haie à peu près taillée (avec le taille-haie de Chouchou sans doute...) et un portillon en bas des marches qui donne sur l'absence de trottoir... Il y a peut-être six ou sept marches pour atteindre la porte d'entrée, fermée bien sûre, et comme il n'y a pas de sonnette au portillon, nous n'avons que deux options : entrer dans une propriété privée pour aller cogner à la porte, ou attendre dans la rue qu'on daigne nous ouvrir...
Imaginez, une tête qui apparaît derrière le rideau de la fenêtre miniature qui éclaire l'entrée... Le rideau retombe, puis une autre tête apparaît... C'est sûr que le moteur 6 cylindres de la voiture n'est pas des plus discrets, difficile de dire qu'on ne nous a ni vus ni entendus...
D'abord, c'est le chien qui sort dans la rue, par le garage dont, ô surprise, la porte était restée ouverte. On commence par attraper le boxer baveux par le collier pour l'empêcher de monter dans la voiture et lui rappeler que tout chien de pseudo-garde qu'il est, il n'est pas le chef de la meute... A dégager le boxer, le seul à avoir compris que nous n'étions pas méchants et qu'il pouvait donc tranquillement retourner au confort de sa niche sans plus s'inquiéter...
Ensuite, ça a dû être l'heure de la promenade des fous...
Monsieur V., qui huit jours auparavant téléphonait à Chouchou pour avoir des détails sur sa séparation (financiers les détails, ben oui, c'est bien lui qui sue sang et eau maintenant pour éponger les crédits que multiplie sa chérie...), Monsieur V. est en bas des marches, en répétant que LUI il travaille et qu'il n'a pas que ça à faire (ah?), et roule des mécaniques parce qu'il est influençable et que mesdames V. lui en ont tellement bourré dans son peu de cerveau qu'il n'a pas d'autre choix que d'être là s'il veut encore avoir l'air d'un homme (avoir l'air d'un homme, c'est pas ça mon biquet, c'est être capable de regarder les choses en face et de prendre ses responsabilités...). Mais bon, il reste derrière le portillon tout de même, il est courageux mais pas téméraire le garçon...
Madame V junior, elle, est restée en haut, les jambes écartées pour empêcher Miss Mélie de descendre rejoindre son père. Je crois bien qu'elle tient un truc dans les bras, sans doute son petit dernier, qui a l'air d'être déjà bien habitué à l'hystérie de sa mère, parce que pendant les 20 minutes de "l'échange", il n'a pas moufté une seule fois... Elle nous houspille, Chouchou et moi, de sa petite voix de crécelle, mais comme d'habitude, elle n'a pas de vocabulaire, et personne ne fait attention à ce qu'elle dit...
Mais la palme d'or de la mise en scène revient à madame V. senior, plantée sur ses ergots au bord de la route, que s'il y avait eu un tas de fumier elle serait spontanément montée dessus, j'en mettrais ma main à couper... Elle tient la valise de Barbie à la main, et elle a l'air bien décidé à nous la faire bouffer... 1m50 (en comptant les talons et le brushing) de haine et de vie ratée qui se tient devant nous et qui veut faire la loi.
Pour vous resituer le contexte, Chouchou, outre le fait qu'il avait averti Miss Mélie plus d'un mois avant, avait pris la peine de téléphoner la semaine précédente à Trou Perdu pour préciser l'heure à laquelle on passerait prendre la petite, et que, eu égard au fait que nous prenions aussitôt la route pour quelques jours au soleil, avec certes une grosse motorisation mais un tout petit coffre, il était inutile d'encombrer Miss Mélie avec une valise de vêtements, d'autant que ça fait belle lurette que nous lui avons fait une garde-robe digne de ce nom à la maison (m'enfin, ça, il a eu l'intelligence de ne pas le rappeller...). Bref, pour dire que, côté vêtements, on avait le nécessaire, et qu'en dehors de sa trousse à pharmacie et de sa carte d'identité, nous n'avions besoin de rien.
Sauf que Junior et Senior avaient décidé que si, cette année, il était im-pé-ra-tif que Miss Mélie parte avec sa valise. Le juge avait stipulé dans son dernier avis que ce n'était pas nécessaire, mais c'est pas grave : Miss Mélie risquait visiblement de mourir si elle n'avait pas son bagage avec elle. Donc, le modèle senior était là, sur la route, la valise au bout du bras, hurlant entre deux insultes qu'il fallait qu'on la prenne, cette p**ain de valise. Ni une ni deux, on l'attrape (la valise, pas la vieille, j'avais rien pour me laver les mains...), on l'ouvre, on en sort carnet de santé et médicaments (pas trace de la carte d'identité, tiens donc...), et on repose la valise, en rappellant que nous avions précisé "pas de bagages". Monsieur V., de l'autre côté de son portillon, nous réclame "un mot" (???), à quoi Chouchou se contente de rétorquer qu'ils ont déjà un "mot", et signé par le juge qui plus est...
Et là, tandis que Junior, en haut des marches, continuait d'empêcher Miss Mélie de descendre, en nous disant, en substance, que si nous voulions la petite, nous devions prendre la valise (mais ils me courrent sur le haricot avec leur valise !!!), Senior récupère le bout de plastique rose, et tente de le balancer dans le coffre, sous mon nez !! Réflexe instinctif, je referme le coffre. Sauf erreur, c'est MA voiture (oui, Chouchou, la tienne aussi, c'est pas du tout ça que je voulais dire...!!) et il n'est pas question qu'une inconnue y pose ses pattes sans MON autorisation.
Qu'à cela ne tienne, si ça ne marche pas par la porte, on essaye par la fenêtre ! Et moi de voir la vieille bique ouvrir la portière arrière pour jeter le machin sur la banquette !!! OUhhhh mais où est-ce qu'elle se croit ???? Je vois surtout Chouchou qui commence à voir rouge, qui ressort en haussant le ton, et qui balance cette satanée valise par-dessus le portillon, tout en se faisant bousculer à pleines mains par le mètre-cinquante...
Moi, ni une ni deux, je retourne farfouiller dans mon sac, et j'attrape mon portable en disant "ça suffit, j'appelle les flics...". Roquet Junior m'aboie du haut de ses escaliers qu'elle s'en fout, que je peux y aller, que de toute façon elle connaît le chef de la brigade ("tentative de collusion", c'est bien comme ça qu'on dit, non ??)... Je me rappelle avoir levé les yeux vers elle en souriant, et en lui disant qu'elle n'était peut-être pas seule à avoir des relations, avant d'être mise en ligne avec un poste de Vannes qui m'a expliqué la marche à suivre, ou plutôt qui a tenté de le faire en me demandant de temps en temps "est-ce que ça va?", sans doute à cause du bordel que faisaient la vieille et sa clique autour de nous... Toujours est-il que, relation ou pas, Junior a aussi sec laissé passer la petite, qui a atterrit Dieu sait comment dans notre voiture, non sans avoir été stoppée au vol par la grand-mère pour une dose bien sentie de bisous (elle doit piquer quand même...) et de "oh ma pauvre petite, tu vas t'ennuyer, un mois, ça va être long...", à tel point que Chouchou n'a pas pu s'empêcher, en remontant en voiture, de se tourner vers elle pour lui envoyer, méprisant, qu'elle n'était qu'une sinistre folle. Je suis rentrée dans le véhicule à sa suite, en remerciant le pauvre gendarme à l'autre bout du fil, et en verrouillant en catastrophe les portières pour empêcher un nouvel atterrissage de valise sur la banquette.
Dans mon dos, une petite fille de huit ans et demi, les yeux écarquillés, venait d'assister à toute la scène, et tentait bravement de garder le sourire...

Posté par Mikaela à 16:33 - Miss Mélie - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


21 juillet 2007

Du niveau intellectuel de certain(e)s.

ampoule_20allumeeÔ miracle, au bout de quoi...? quatre ans de rupture de la vie commune avec son père, Miss Mélie se décide enfin à lui envoyer une carte postale de vacances, pendant qu'elle est avec sa mère donc... (c'est pour être sûre que tout le monde suive...). Je n'vous dis pas comment Chouchou était content. Surpris, mais content. J'ai su depuis que les grands-parents de Miss Mélie avait été gratifiés eux aussi d'une autre carte, visiblement moins appliquée (c'est bien connu, les grands-parents ne font pas ce genre de remarque...) mais tout de même... J'en connais à qui ça a fait plaisir.

Sauf que sur la carte de Chouchou, il y a quand même la petite "touche perso" de Madame V. ; eh oui, on ne se refait pas... En rédigeant l'adresse (parce que si vous voulez que le courrier arrive, il vaut mieux ne pas confier cette opération à Miss Mélie-patachon...), elle s'y prend comme ceci :
"Chouchou" (le nom d'abord et le prénom après, et sans donner du Monsieur, il va de soi, on n'est pas dans l'impersonnel mais dans l'abaissement de l'autre... mais passe encore...) "Chouchou", donc, "and Co" !!!! Suivi de l'adresse truffée de fautes...

Comme nous n'avons ni chien, ni chat, ni canari, ni poisson rouge, je suppose que "and Co", c'est pour ma pomme...
Je ne sais pas si l'intention était de me vexer, mais ce qui est sûr, c'est que j'ai ri comme une baleine en lisant la chose, au beau milieu du trottoir, sous le regard perplexe des passants... Pour une fois que je pars bosser chez Z. en rigolant...
Faudra p'tet' que je pense à la remercier, cette brave dame...

Posté par Mikaela à 17:19 - Miss Mélie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 juillet 2007

Madame Moi Je.

Ou le second prénom de Madame V.
Comme je vous le disais l'autre jour, lorsque Chouchou ose dire à madame V. que sa fille présente de fortes caractéristiques des comportements dyslexiques, et qu'il faudrait sérieusement envisager un bilan avant la rentrée des classes, Chouchou se fait traiter d'abruti et s'entend dire qu'il a une imagination débordante. Toute entière tournée vers un profond désir de chercher des noises à son ex-femme, cela va de soi. Passée cette leçon de morale doublée d'une paranoïa aigüe, on se dit que les choses en resteront là, à moins que nous ne fassions nous-mêmes le nécessaire pour aider Miss Mélie.

Et quand Chouchou se rend à l'école le week-end dernier pour rencontrer l'institutrice et faire un bilan de l'année scolaire écoulée, qu'apprend-il ?

Tiens, un petit QCM, ça faisait longtemps...

a. Que Miss Mélie a redressé la barre, à tribord toute, pour finir l'année dans une apothéose de ronds bleus... Son neurone einsteinnien s'est enfin réveillé...
b. Que c'est le temps des suprises parties, yé yé yé...
c. Que madame V. est venue à l'école le mercredi précédent pour demander son avis à la maîtresse, parce qu'ELLE soupçonne un problème de dyslexie chez Miss Mélie...
d. Que Miss Mélie a par-fai-te-ment le niveau pour passer en CE2, oui môsieur...

Eh oui, le crois-tu (Lustrucru), madame V. s'est rendue à l'école, le jour même où elle a reçu un second recommandé de Chouchou lui disant, en termes polis, de laisser tomber la paranoïa et de s'intéresser, une fois n'est pas coutume, au comportement de sa fille. Disant même que si elle ne fait rien (Rintintin), lui se chargera de réagir et d'assurer le suivi de Miss Mélie. Le tout dans la plus parfaite courtoisie, cela va de soi. Non mais, quelle coïncidence...!!!
Et là, sans hésitation ni remords aucun, elle s'attribue tout le mérite d'avoir remarqué que les difficultés scolaires de Miss Mélie pourrraient bien trouver leur origine dans un problème de dyslexie... Pourtant, c'est étrange... J'avais cru comprendre qu'elle considérait juste que Miss Mélie était un peu nulle, et qu'elle fatiguait vite du cerveau ??? J'ai dû rater quelque chose...
Ce qui ne l'empêche pas, par ailleurs, de considérer le dialogue avec Chouchou sur le sujet comme une chose tout à fait inenvisageable, et pourquoi faire, je vous l'demande, est-ce que j'irais m'embêter à lui répondre que je vais enfin m'intéresser au problème ??
Je sens donc que le prochain recommandé à destination de Trou Perdu risque fort d'être en forme d'ultimatum, avec obligation de réponse écrite sous quinzaine, sous peine de voir Chouchou gérer seul l'organisation du suivi de Miss Mélie, avec bilan orthophonique et traitement à la clé, sans parler du recours aux tribunaux pour obtenir que la mère soit contrainte d'autoriser la reprise des soins psychologiques.
Et dire que, pendant ce temps, il y en a une qui raconte à Miss Mélie que tout ça, c'est parce que son crétin de père veut faire du mal à man-man...

Posté par Mikaela à 15:47 - Miss Mélie - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 juin 2007

Chouchou ex-père ??

350px_Francisco_Goya___Saturno_devorando_a_un_hijoSi l'on en croit la façon qu'a madame V. d'envisager les choses... Il semble que, décidément, elle confonde le fait d'avoir un ex-mari, et le fait que sa fille ait un père.
Sauf que ça devient de plus en plus grave...
Je vous raconte...

Il y a un peu plus de huit jours, nous avions Miss Mélie chez nous pour l'habituel week-end de garde, l'avant-dernier avant les grandes vacances (parce que oui, il paraît qu'on est en juillet, bientôt...). Nous récupérons une petite fille qui, une fois de plus, avait malencontreusement oublié ses cahiers de devoirs, et qui surtout, refuse obstinément d'avaler plus de deux bouchées à table. Pourtant, elle était toute contente de venir, et comme c'était un week-end sans école le samedi, elle avait même demandé à ce que son père vienne la chercher dès le vendredi soir : une première...
Donc, le vendredi soir, nous nous heurtons à un "j'ai pas faim, j'ai mal au ventre...". Comme ce sont des choses qui arrivent, on n'insiste pas et on envoie Miss Mélie se coucher, pour être au chaud sous la couette, avec un livre ou des feuilles pour dessiner si elle veut, même... On s'interroge quand même, parce que son comportement n'est pas aussi décontracté qu'à l'habitude, et que son ventre a plutôt l'air de crier famine, mais bon...
Le lendemain, Miss Mélie tord le nez au moment du petit déjeuner... Elle a encore mal au ventre. Comme son père vient de mettre un mot dans le cahier de correspondance pour dire à la maîtresse qu'elle a oublié son cahier de devoirs, on commence à envisager que les maux de ventre sont plus d'origine psychologique qu'autre chose...
Au repas de midi, rebelotte. Et comme par enchantement, le mal de ventre se dissipe sitôt donnée l'autorisation de sortir de table... Après avoir passé une après-midi entre filles à faire les boutiques pour trouver un cadeau de fête des pères pour Chouchou, on rentre toutes deux au bercail pour le goûter. Un demi-croissant plus tard : "j'ai pas faim"... Quand on sait que Miss Mélie est habituellement un estomac sur pattes, un puits sans fond, là, on commence vraiment à soupçonner qu'il se passe quelque chose de pas normal. Au dîner, on lui fait choisir le menu, mais on se heurte au même problème : pas faim, mal au ventre... Et un museau de dix pieds de long. Et une tentative de se forcer à vomir dès qu'on lui demande d'avaler une fourchette supplémentaire. Que du bonheur.
Avec Chouchou, on commence quand même à avoir l'habitude d'alterner des week-ends supers avec d'autres où on sent bien que Miss Mélie est si convaincue qu'elle va s'ennuyer ferme qu'elle fait tout pour que ça se produise. On ne se demande même plus ce que sa mère a bien pu lui tenir comme discours pour en arriver à ce résultat... Mais à ce point-là, ça ne s'est encore jamais produit.
Du coup, je mets les deux pieds dans le plat. Il y a quelque chose qui ne va pas, ça se voit, et ça n'ira pas mieux si on n'en parle pas... Et ce n'est pas le mal de ventre qui est à l'origine du problème, mais bien le problème qui provoque le mal de ventre... On voit trop bien qu'en plus de la boule qui lui tord l'estomac, Miss Mélie a aussi un noeud dans la gorge. La moindre remarque l'amène au bord des larmes, et l'angoisse se lit sur son visage. Elle opine du chef, oui oui, il y a bien quelque chose, et elle veut bien m'en parler, mais rien qu'à moi...
Ni une ni deux, Chouchou se retranche dans son bureau et Miss Mélie commence à vider son sac, un tout petit peu...
C'est qu'elle a "beaucoup beaucoup de soucis"...

A l'école d'abord... Elle est très mauvaise élève, et n'est pas sûre de passer en CE2. Et puis les copines, dans la cour de récré, font des cachotteries dans son dos et ne veulent pas jouer avec elle au loup (petit chef et mauvaise perdante comme elle est, ça n'a rien d'étonnant...). Bon d'accord, mais ça, ça arrive tous les ans, et jusqu'ici, ça ne lui a jamais coupé l'appétit...
Roulée en boule sur le canapé, Miss Mélie regarde dans le vague, et s'étonne que je sache qu'elle a un noeud dans la gorge et une boule dans l'estomac. Elle écoute avec attention quand je lui explique qu'ils ne partiront que quand elle aura pu dire ce qui lui pose vraiment problème. Mais ça a du mal à sortir...
C'est pas grave, si tu n'arrives pas à le dire, essayes de l'écrire... Papier, stylo, résultat : "jemare de mager". Traduction : "j'en ai marre de manger". Ahhhhh... Tentative de le prendre sur un mode léger : " Oh, ben, mais pourquoi ça donc ??" [rire jaune]. Réponse de Miss Mélie : "ben, tu sais, grand-mère, elle avait des parents et même son frère [moi, me grattant virtuellement la tête pour trouver le rapport...], ben elle les a perdu quand elle était jeune, elle avait treize ans !! [moi, en train de me dire que Miss Mélie a déjà bien du mal à gérer le divorce de ses parents, quelle idée vraiment d'aller lui polluer la tête avec des histoires de ce genre..., mais quel rapport ???]. "Ben eux, maintenant, tu comprends, ils ont plus de soucis. Donc, si j'arrête de manger, ben, j'aurai plus de soucis moi non plus...". CQFD.
Okayyyy, pas de panique, surtout ne pas montrer que tu as les mains qui tremblent, garder une voix assurée... Respires... [oh put*in c'est graaaave là...]

Quand on a reçu aucune formation à ce genre de situation, qu'est-ce qu'on fait ? Ben on improvise, au feeling. La première chose qui s'est imposée (en dehors des insultes mentales instantanées en direction de madame V.), ça a été de faire prendre conscience à Miss Mélie des conséquences dramatiques de son discours, quitte à la choquer. "Tu sais ce qui se passe quand on arrête de manger ? En fait, on a encore plus de soucis...". Je vous passe le tableau façon film d'horreur, la description de Miss Mélie trop maigre pour pouvoir jouer, courir, regarder la télé, réfléchir, obligée de rester au lit d'abord, puis emmenée à l'hôpital et intubée, avec tellement mal au ventre parce que l'estomac, lui, il continue à bosser dans le vide... "Et quand on ne mange plus, au final, qu'est-ce qui se passe ?" Moue incertaine de Miss Mélie... Moi : "on meurt". Regard choqué et horrifié de la demoiselle, qui n'avait pas envisagé la chose si crûment.

Il faut savoir que du haut de ses 19 kg, Miss Mélie n'est pas peu fière de répéter à qui veut l'entendre qu'elle est très belle, qu'elle est bronzée (mais pas qu'elle tente de cacher à son père les décolorations blondes que sa mère lui fait régulièrement pour éclaircir ses cheveux), et puis qu'elle est très fine et qu'on lui dit qu'elle est légère comme une plume (sur le mode "c'est génial")... Il faut savoir que de Chouchou, qui n'a pas echappé à la bedaine post-trentaine, madame V. n'hésite pas à dire, devant la petite, que son père est gros et gras (limite libidineux vous voyez...), et que c'est dégueula**e. Et il faut savoir enfin que madame V. a toujours fait une fixation sur sa ligne. Visiblement transmise à sa fille. Sauf qu'elle, elle n'a que huit ans et demi, pas mal de problèmes sur les épaules, et qu'il n'y a qu'un pas pour tomber dans l'anorexie. Ne rien manger, remède miracle contre tous les maux.

Il faut croire que mon argumentaire était suffisamment porteur, parce que Miss Mélie a très vite demandé à retourner dans la cuisine, parce qu'elle avait encore faim... Le nez dans sa salade de tomates, elle a admis que les vrais gros problèmes concernaient papa et maman, et qu'elle n'osait pas en parler par peur de faire de la peine. Je n'ai pas réussi à en savoir plus, et je n'ai pas voulu forcer les choses.
Le dimanche, Miss Mélie a fait un petit déjeuner d'ogresse, et je l'ai prise à part pour lui expliquer que son discours de la veille était grave, qu'en conséquence je ne pouvais pas le garder pour moi (en fait, je l'avais déjà retranscris à Chouchou la soir même) et que Papa allait faire une lettre à Maman pour lui expliquer tout ça. Qu'au vu de son hésitation bien compréhensible à aborder les problèmes de fond avec nous, je trouvais que ce serait bien pour elle de retourner voir le pédopsychiatre qui la suivait l'an dernier, pour pouvoir vider son sac devant une personne extérieure et impartiale. réponse immédiate de Miss Mélie : "oui, d'accord". Le fait qu'on prévienne sa mère avait quand même l'air de l'inquiéter, mais il était grand temps de passer outre les conflits d'adultes...

Le lendemain, des recommandés sont partis tous azimuts. Jusqu'à dimanche, aucune nouvelle. Et le soir, coup de fil de Miss Mélie, qui n'avait rien à dire, juste échanger trois mots avec son père. Qui, lui, en profite pour demander à parler à madame V. [soupirs de Miss Mélie]
La réaction de cette dernière a été sans suprise : de toute façon, le père de Miss Mélie est un c*n, un incapable, un abruti, il invente n'importe quoi, elle ne comprend pas ce qu'il veut obtenir (comme si on n'agissait que pour obtenir quelque chose...), qu'il a 36 ans, et qu'il faut qu'il grandisse... Ne me demandez pas le rapport, je ne l'ai toujours pas trouvé... Le haut-parleur étant enclenché, j'ai donc entendu la plus belle leçon de morale à laquelle il m'ait jamais été donné d'assister... Chouchou n'a pas pu placer un mot, elle n'arrêtait pas de parler !!! Et, cerise sur le gâteau, quand il a coupé court au monologue de madame V. en se rendant bien compte qu'il n'y aurait aucune avancée significative et qu'on partait bien loin du problème de Miss Mélie, j'ai entendu madame V. cracher la plus belle ineptie qui soit : "ah, de toute façon, avec toi, on ne peut pas discuter..." Je n'en suis toujours pas revenue...

Notre première réaction, la semaine dernière, a été de remettre en question notre propre façon d'agir avec Miss Mélie. Est-ce que le problème vient de nous ? Est-ce qu'on est trop durs avec elle ? Est-ce qu'elle est mal quand elle vient chez son père ? Visiblement, elle est heureuse d'être là, elle demande sans arrêt quand on reviendra la chercher, applaudit des deux mains quand on lui propose des activités, et recherche notre présence, notre avis, nos conseils. Elle angoisse à l'idée de déplaire à son papa, et même à moi, et nous devons sans cesse la rassurer sur ses capacités. Et comme nous l'a dit une orthophoniste que j'ai contacté pour savoir comment se passait la prise en charge d'une enfant visiblement dyslexique, elle ne se confierait pas à nous si elle nous considérait comme responsables et incapables de l'aider...
Nous avons longuement discuté avec l'infirmière du Centre Médico-Psychologique, qui nous a confirmé que nous avions raison, ô combien, de nous inquiéter. Mais qu'ils étaient impuissants à agir si la mère refusait la reprise des soins. Dans la mesure où nous avons signalé aussi une forte présomption de dyslexie, ce que madame V. se refuse bien sûr à admettre, elle nous a conseillé de passer outre l'avis maternel et de faire faire nous-mêmes un bilan. Pour le reste, il faudra sans doute passer par le tribunal afin d'obtenir une obligation de soins.

Voilà comment une femme, une soi-disant professionnelle de l'enfance, parvient à détruire à petit feu sa propre enfant. Au fil du temps, Miss Mélie se rapproche de son père, commence à se confier à lui, se rend compte surtout qu'il est présent et à l'écoute. Elle voudrait bien une garde alternée pour pouvoir le voir plus... Et je me dis que madame V., voyant son influence diminuer, tente par tous les moyens de maintenir l'enfant dans sa dépendance. Elle n'a donc aucun problème, aucune remise en question n'est nécessaire. Il y a juste que Miss Mélie, selon sa mère, est un peu nulle, et qu'elle fatigue vite du cerveau. Et, conséquence logique, qu'elle n'est donc pas capable de se débrouiller sans l'aide de sa mère. Sans son père par contre, elle y arrive très bien, si l'on en croit madame V. Quantité négligeable que le père après un divorce... Un ex-père donc, tout juste bon à signer un chèque mensuel...
Mais ce que je constate moi, c'est qu'en ne partageant avec sa fille que 10% du temps à peine, Chouchou a quand même été capable de détecter de multiples problèmes, et de faire le nécessaire pour prévenir les personnes compétentes. Qu'il a pris sur lui pour contacter la mère, en passant outre le conflit latent entre eux. Que les difficultés de Miss Mélie lui ont sauté aux yeux, quand madame V. persiste à dire que tout va bien.
Bref, je constate, qu'au lieu de l'ex-père incapable que madame V. tente de vendre à tout le monde, c'est plutôt un Papa expert qui se démène pour aider sa petite fille à surmonter ce qui lui pose problème.
Ex-père ou expert, le choix est vite fait...

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29 mai 2007

Le Grognasse d'Or 2007 est attribué à...

medaille

-- Roulements de tambours --

Sans surprise, madame V. rafle la mise, très loin devant toutes les autres concurrentes potentielles... Oui, je sais, j'aurais dû faire durer le suspens, façon Virginie Efira à la fin de la Nouvelle Star ("quel candidat va retrouver la paix être envoyé à l'abattoir ce soir ???? [musique angoissante...]")... Mais il y a déjà assez de madame V. qui joue avec mes nerfs, je ne vais pas vous infliger le même supplice, non non, n'insistez pas... De toute façon, à ce stade, elle devrait être hors-concours...

Souvenez-vous l'été dernier le week-end dernier (oui, je sais, elle est nulle celle-là, et j'ai même pas vu ce film d'ailleurs...), je vous racontais l'énooormisssssime surprise d'une Miss Mélie a priori désireuse de jouer les prolongations chez nous en venant avec un jour d'avance. Nous étions, certes surpris, mais néanmoins fort contents de sa démarche, d'autant que la Miss nous jurait ses grands dieux que c'était elle qui faisait la demande, toute seule (oui, parce qu'elle s'est tellement attribués les désirs de sa mère par le passé qu'on en arrive à douter systématiquement de sa parole, ce qui est en soi déjà dramatique...). Mais quand même, l'expérience aidant, on se demandait quelle forêt pouvait bien cacher cet arbre...

Et bien, les Gens de l'Internet, on a trouvé la forêt, pas plus tard qu'aujourd'hui... Il faut que je vous raconte... Si si, vraiment.

Les mauvaises langues disent que, par chez nous, il pleut sans arrêt ("il n'a plu qu'une seule fois, du 1er au 15..." pfff... !!!). Et le fait est qu'hier, ce n'était pas terrible. Prudents, nous sommes restés cloîtrés chez nous... Mais aujourd'hui, jour pas tout à fait ferié où je ne travaillais pas (et non, chez Z., on ne pose pas de RTT...), le soleil revenu incitait à prendre enfin un peu l'air sur la côte. D'un coup de voiture, nous voilà face à la mer, appareil photo au poing (au fait, qui est allé voter pour Chouchou, hein ??), prêts à immortaliser quelques beaux bouquets d'écume. Mais ce n'est pas ça le sujet...
Sur le chemin du retour, le portable de Chouchou se met à sonner... Il doit être pas loin de 17h. Perdu au fond d'une poche, elle-même coincée par la ceinture de sécurité, le téléphone sonne, sonne, et Chouchou se contorsionne... en vain. Quand le téléphone cesse de vibromasser vibrer sur sa cuisse, il n'a pas réussi à décrocher. Numéro masqué, pas de message sur le répondeur, encore un commercial qui veut vendre un truc...
Une bonne demie-heure plus tard, nouvelle sonnerie. Cette fois, on est à l'arrêt, le téléphone a quitté la poche du pantalon pour se loger dans celle, beaucoup plus facile d'accès, du blouson. Lui-même posé sur une chaise, sous ma propre doudoune, mon sac à main, l'appareil photo, i tutti quanti. Ok, je plaide (un peu) coupable... Le temps de faire réapparaître le blouson (n'est pas David Copperfield qui veut...), de trouver la bonne poche... paf ! C'est trop tard. Le numéro est toujours masqué et il n'y a toujours pas de message, mais là, l'instinct de Chouchou lui sussurre à l'oreille qu'il y a du Miss Mélie là-dessous. Et que sa mère n'est pas loin derrirèe.
19h30, chez les parents de Chouchou. Invités à dîner, on s'affaire à la préparation de l'omelette -pommes de terre du jardin (qui mériteraient à elles seules un billet, voilà, c'est dit...), quand le portable de Chouchou recommence sa sérénade (et si vous saviez à quel point cette sonnerie est ridicule, vous comprendriez que quand il ne décroche pas, il ne le fait vraiment pas exprès...). Il est toujours dans une poche du blouson, le blouson est, cette fois, seule sur une chaise, mais... tout le monde a déserté la pièce pour la cuisine où le beurre crépite dans la poêle (j'entends déjà les adeptes des régimes pré-estivaux crier au scandale... M'en fous, j'aime pô la plage !). Le temps de réagir ("c'est quoi ce bruit ?" ; "ce serait pas ton téléphone ??"), de sauter sur le blouson, d'attraper le portable, je vous le donne en mille... Encore manqué. Mais là, les soupçons se confirment. Laconiquement, une petite vois de huit ans et demi, dit au répondeur "Papa, c'est moi, tu peux rappeller ?", et raccroche.
Pour ceux qui s'imaginent qu'à ce moment de l'histoire, Chouchou recompose le numéro, et se lance dans un dialogue souriant avec sa fille, qui n'appellait que pour avoir de ses nouvelles.. OH OH !!! Redescendez de votre nuage... C'est de Miss Mélie et Madame V. dont on parle !!!
Ok... Erase. Rewind.
Non, parce qu'en fait, on a à peine eu le temps de dire "Ouf !" que le téléphone fixe des grands-parents se met à sonner... Tiens donc... Petite voix au bout du fil, qui ne sait pas très bien ce qu'elle doit dire, et paf, communication coupée. Il paraît que la ligne fonctionne mal à Trou Perdu...
Un peu énervé par ce harcèlement téléphonique (quel intérêt d'appeler sur le fixe d'une maison où nous n'avons pas plus de raisons d'être que ça ? D'ailleurs, nous-mêmes ignorions qu'on y passerait la soirée...), Chouchou compose le numéro de Trou Perdu et tombe sur sa fille... (enfin...)

Miss Mélie : "Oui, c'est pour savoir si je peux rester chez maman le Week-end prochain, parce que c'est la fête des Mères..."
Chouchou : "Pourquoi ne pas en avoir parlé avant ? Nous on a déjà prévu des choses pour ce week-end..."
Miss Mélie, soudain intéressée : "c'est quoi dis ????"
Chouchou : "On va à la piscine avec Tata Karen et des amis qui viennent avec leurs enfants... Mais si tu veux, on peut te ramener un peu plus tôt dimanche..." (il faut savoir que Miss Mélie nous tanne, et sa tante avec nous, pour qu'on aille à la piscine avec elle depuis de nombreuses semaines...)
Miss Mélie : "oh, c'est génial... Attends, il faut que j'aille demander à Maman..."
[...]
Miss Mélie : "Oui, mais c'est dommage quand même, que je puisse pas rester là pour la fête des Mères..."
Chouchou : "la fête des Mères, c'est juste le dimanche, je t'ai dit qu'on pouvait te ramener plus tôt si tu voulais... Mais tu as peut-être prévu aussi quelque chose ?" (doit-on faire le compte des fêtes de Pères où Chouchou n'a même pas eu un coup de fil de sa fille ??)
Miss Mélie, coincée entre deux chaises : "Euh, non, rien je crois. Il faut que je vois avec Maman..."
Chouchou, fatigué : "On va faire mieux que ça. Passes moi ta mère..."

Madame V. est définitivement la plus prévisible des femmes... Faisant jouer la bonne grâce qu'elle a mit pour faciliter un week-end prolongé dix jours auparavant, elle estime qu'il est de son droit de demander, que dis-je, d'exiger qu'un échange de week-end soit opéré... Elle n'a d'ailleurs pas précisé de quel week-end il était question.
En soi, la démarche (d'une demande, non d'une exigence) serait compréhensible, et je dirais même, normale... C'est la fête des Mères après tout. Ce qui est choquant, c'est le calcul opéré. Je fais semblant d'être gentille et coopérative (et je suis convaincue que si la demande émanait bien de Miss Mélie, sa mère n'y a accédé qu'en pensant en retirer ensuite un bénéfice...), juste une fois, une seule, et je considère ensuite que tout m'est dû. Surtout, et c'est ce qui me met hors de moi, une fois encore, c'est Miss Mélie qui joue les factrices... La demande n'avait en soi rien de surréaliste. Pourquoi, alors que Madame V. se plaisait, il y a quelques jours, à faire des leçons de morale sur le thème "puisqu'on peut parler", pourquoi ne pas en avoir profité pour exprimer le voeu d'intervertir deux week-ends, en raison de la fête des Mères ? Pourquoi demander à une petite fille de huit ans d'appeler (tout de même quatre fois consécutives !!) pour s'attribuer une démarche qui venait d'abord de sa mère ??? Pourquoi ne pas avoir fait preuve de l'intelligence la plus élémentaire en décrochant elle-même le téléphone ???
Madame V., si vous passez par là : prenez vos responsabilités en tant qu'adulte, et en tant que mère. Quand vous avez quelque chose à demander à votre ex-mari et définitivement-père de votre fille, plutôt que de vous cacher derrière une enfant, faites vos démarches vous-même. Pour une fois dans votre vie, assumez vos choix. Vous vous pensez irréprochable, vous savez tout mieux que tout le monde, vous vous permettez même de faire la leçon aux autres, car les autres ne vous arrivent pas à la cheville, tout le monde sait ça... Vous jouez les grandes dames, vous vous pavanez, vous mettez un vernis brillant sur une personnalité médiocre. Il n'a pas fallu plus de 5 mn à Chouchou pour vous faire dire que de toute façon, vous vouliez la moitié de l'argent bloqué chez le notaire depuis la vente de la maison... Vous faites de grands discours ("Miss Mélie est une personne à part entière") mais vous l'utilisez sans vergogne comme entremetteuse et comme informatrice depuis des années, sans vous soucier une seule seconde des conséquences que peut avoir votre comportement sur sa personnalité. Madame V., vous êtes la femme la plus pitoyable qu'il m'ait jamais été donné de rencontrer...

Groumphh... Ce coup de gueule étant passé, inutile de préciser que le dialogue a, cette semaine, été beaucoup moins courtois que la semaine précédente... Chouchou a réussi à conserver son calme, et à montrer une maîtrise, même après avoir raccroché, dont il ne parvenait pas à faire preuve il n'y a pas si longtemps. Et à expliquer que, jusqu'à présent, il n'avait été question que d'arrangements unilatéraux, au bon vouloir de madame. Que les différents étaient bien loin encore d'être réglés entre eux pour pouvoir transgresser le jugement du tribunal. Et qu'en conséquence, comme elle le lui avait si bien fait remarquer à plusieurs reprises au cours de l'année, il fallait s'en tenir à ce dernier. Les questions de liquidation de la communauté (qui traîne depuis plus d'un an et risque durer ebcore quelques années) sont arrivées sur le tapis... Je ne suis pas convaincue que les problèmes notariaux puissent être mis en balance avec les week-ends de garde, mais sur le fond, je comprends la position de Chouchou. A de multiples reprises (on ne les compte même plus, trop long...), il a accepté de rendre des services, des arrangements de ce genre, en espérant dénouer le conflit, faire avancer les choses... Rien n'y a fait. Des week-ends à échanger, il en a accepté quelques-uns... Madame a eu les siens, mais n'a jamais rendu la pareille. Il y a eu des cessions de week-ends, non des échanges. Chouchou a proposé des arrangements plus qu'avantageux pour elle dans le cadre de la liquidation des biens, mais elle ne veut rien entendre, parce qu'il y a de l'argent en jeu et qu'elle a la bave au bord des lèvres dès qu'il est question d'Euros. On la soupçonne d'être en train de mettre en vente le mobilier de la communauté qu'elle a intégralement conservé, pour financer les multiples crédits à la consommation grâce auxquels elle se donne l'impression de mener grand train...
Tout ceci mis bout à bout, il devient impensable d'accéder à ses requêtes, quelles qu'elles soient. Jusqu'ici, elle s'est habituée à un ex-mari qui, voulant la paix, espérait naïvement l'obtenir en disant "amen". Jusqu'ici, elle n'a jamais su faire face à quelqu'un qui lui disait "non". Sa seule réponse est une crise hystérique, et une fuite vers autre chose.
A n'en pas douter, elle va dresser un nouveau portrait de Chouchou, ce père indigne qui refuse de laisser une pôôôôvre petite fille avec sa Môman le jour de la fête des Mères (sans se vanter, bien sûr, d'avoir tout fait pour le priver de sa fille...), et lui mener encore la vie dure. Mais ça, on le savait déjà. Il est bien conscient que, dans cette histoire, c'est encore et toujours Miss Mélie qui va trinquer, mais je ne me fais aucune illusion : quoiqu'il dise, quoiqu'il fasse, quoiqu'il accepte ou refuse, Miss Mélie sera toujours utilisée par sa mère, comme elle l'a été jusqu'à présent... Mieux vaut alors garder un peu de dignité et de fierté. Mieux vaut avoir l'air d'un salaud devant des gens qui ne vous connaissent pas, que d'être pris pour un con...

Edit : oki, le titre n'est pas du meilleur goût, je vous l'accorde... Mais je continue de sécher pour en trouver un meilleur, et c'est dra-ma-ti-queuh. Décidément, cette [bip!] ne m'inspire jamais rien de poétique.

Posté par Mikaela à 00:13 - Miss Mélie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 mai 2007

Moi, je dis méfiance...

herisson2Oui, parce que ce week-end, c'est week-end de garde...
Donc, comme avant chaque "Droit de Visite et d'Hébergement", Chouchou, un peu en stress quand même, décroche son téléphone pour appeler à Trou Perdu et prévenir, le plus souvent le répondeur, qu'il viendra chercher sa fille à l'école le samedi midi...
Jeudi, une fois n'est pas coutume (mais c'était jour férié alors...), Chouchou est tombé en direct sur madame V. Pas bonjour, hein, on n'est pas des bêtes... Il dépose sa phrase habituelle dans le combiné, pas de réponse... Madame a raccroché. C'est-à-dire que c'est à peu de choses près, comme d'habitude...
Et puis, hier matin, Chouchou reçoit un sms... "Miss Mélie n'a pas école samedi"... Incrédibeule ! Il a fallu 24h de réflexion pour s'en souvenir !!! Ben oui, ça pose un petit problème tout de même... L'idée, sous-entendue, était sans doute "t'auras qu'à venir la chercher à la maison à la même heure"... Oui, mais voilà, ça ne s'est pas passé coomme ça...

Tadam...

Tadadadam...

Le téléphone qui sonne...

... à 13 heures...

... Obligeant Chouchou à lever le nez de son assiette de salade de tomates-oeufs durs-avocats, spéciale régime (l'approche de l'été n'a pas d'effets secondaires que sur la gent féminine...).

C'est Miss Mélie, qui réclame que son papa vienne la chercher au-jour-d'hui...
Qui ne sait quand même pas très bien vers quelle heure... Qui, du coup, demande à sa mère ce qu'elle doit répondre... Chouchou entend chuchoter (essayez de le dire très vite pour voir...), mais Miss Mélie ne comprend pas bien... La notion du temps, c'est pas son truc... Alors, elle repose la question, Chouchou entend à nouveau chuchoter derrière... Ca pourrait durer longtemps...
Du coup, pas bête la guêpe, ni une ni deux, Chouchou interrompt les chuchotements... "Miss Mélie, on va pas y passer deux heures, passes-moi ta mère !"...

Ouh ben dites donc... Après cinq ans d'absence totale de dialogue (sauf si se faire insulter en pleine rue peut être considéré comme un dialogue, mais non... suis-je bête, il y a "deux" dans "dialogue"...), Chouchou se retrouve avec madame V. au bout du fil, bien obligée cette fois de faire face à la discussion... "Heu, oui, c'est-à-dire que... c'est Miss Mélie qui demande à venir, alors, heu..."
Trente minutes de face à face téléphonique sur l'éducation de la petite parce que, dixit madame V., "puisqu'on peut parler"... J'aurai décidément tout entendu...
Durant lesquelles Chouchou a la "surprise" d'apprendre que Miss Mélie ment sur ses notes, et collectionne virtuellement les ronds verts (mais qu'est-ce qu'elle s'imaginait ? A force de lui faire mentir et dissimuler à tout le monde, qu'elle-même serait épargnée ??? Je me tape le c** par terre de rire me gausse...).
Que Miss Mélie ne travaille pas à l'école, et qu'à la maison, elle n'y arrive pas beaucoup mieux... parce qu'elle "fatigue très vite intellectuellement"... Mouarf !!! On l'a vue suivre sans difficultés des conversations très intellectuelles à la maison, poser des questions et comprendre parfaitement les réponses, sans avoir un instant les neurones en berne... Et Chouchou de suggérer qu'il n'est pas impossible qu'elle s'ennuie simplement en classe et dans ce mode d'apprentissage...
Que si Miss Mélie n'a pas encore fait le test arachide pour essayer de soigner son allergie, c'est juste que sa maman n'a pas eu le temps de s'en occuper, mais que c'était prévu... l'année dernière !!! Heu... Vous voulez dire, l'année où vous n'avez travaillé que quatre mois sur douze ??? Mais c'est vrai... L'oisiveté, ça prend un temps fou !!!

Bon, je critique, je critique... c'est facile... Mais quand j'entends, le soir même, Miss Mélie raconter qu'elle s'est réveillée très tard un soir parce qu'elle avait mal réglé son réveil et qu'en ouvrant les yeux, elle a vu à la télé que le programme qu'elle regardait avant de s'endormir était terminé, je me dis qu'il y a du laisser-aller quelque part... Et que ça pourrait bien expliquer aussi pas mal de choses...

En attendant, nous avons donc Miss Mélie pour un week-end prolongé et impromptu, avec organisation d'activités sollicitant la tête et les jambes, et nous n'avons pour l'instant noté aucune trace de fatigue dans l'un ou l'autre domaine...
Ce qui, pour heureux que nous soyons de ce revirement de dernière minute, ne nous empêche pas de nous interroger sur le comportement soudainement bien conciliant de madame V. Il faut dire que, ces cinq dernières années, elle n'a été aimable que pour deux raisons : la première, quand elle avait besoin de quelque chose. La seconde, quand elle préparait un coup tordu en mettant à profit la gentillesse naïve de Chouchou. Mais, chat échaudé craint l'eau froide, et nous restons sur nos gardes... Après l'épisode du cirque, moi je dis... Méfiance...

PS : Je laisse le soin aux plus joueurs d'entre vous de trouver ce qu'est l'image choisie pour illustrer ce billet...

Posté par Mikaela à 12:48 - Miss Mélie - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 avril 2007

Un p'tit coin tranquille...

Ai-je osé écrire, dans un billet précédent, que Miss Mélie n'était pas exactement une fervente lectrice ? Je ne sais plus... Il est vrai que pour moi, qui suis tombée dans la marmite aux livres quand j'étais toute petite (avant même de savoir lire, c'est vous dire !!!), voir le peu de curiosité qu'elle montre à leur endroit, ça me navre un peu... Je sais bien qu'aujourd'hui, les petits et les moins petits communiquent et apprennent par d'autre biais, internet en tête, mais je n'arrive pas à envisager qu'on puisse malgré tout se passer du contact avec le papier, avec "l'objet-livre"... Je donne mes fringues sans état d'âme quand je les ai assez vues (et puis il faut composer avec l'évolution implacable de la garde-robe, c'est une évidence... Qui a osé dire non ??), mais je ne pourrais pas me défaire d'un seul de mes bouquins, même pas du plus mauvais roman acheté par erreur et abandonné après la page 15... Je regrette encore le don de mon intégrale du "Club des Cinq" (exactement dans cette édition-là : h_9_ill_744730_rose Y'en a à qui ça dit quelque chose j'espère !?!) à une médiathèque, même si c'était parait-il une oeuvre charitable... Groummphhh...
Alors quand on achète un livre à Miss Mélie, je le vois avec amertume atterrir sur l'étagère de sa bibliothèque sans même avoir été feuilleté (sauf pour voir s'il y a des images dedans susceptibles d'être décalquées...).
Et puis, l'autre jour, je suis tombée sur ça :

IMG_2334

Bon, vu comme ça, ça n'a l'air de (presque) rien...
Mais si on élargit le champ, ça donne ça :

IMG_2331

Eh ben, croyez-le ou non, mais en digne fille de son père, c'est au piou-piou room (chez nous, on ne fait pas pipi, on fait piou-piou, c'est plus poétique non ??...) que Miss Mélie s'offre son temps de lecture. Vous noterez d'ailleurs que l'endroit est en passe de se transformer en bibliothèque, je vais d'ailleurs sans tarder l'équiper d'un meuble du même nom...
Ahhh lecture, quand tu nous tiens !!!

Posté par Mikaela à 17:37 - Miss Mélie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 avril 2007

La star !

lo50_1398756_1Et hop ! Voilà Miss Mélie en photo avec ses petits camarades, dans le journal de ce matin... Petit souvenir de ce qui aurait pu être une méchante farce...

Posté par Mikaela à 12:51 - Miss Mélie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 avril 2007

Clowneries.

masque_caroline_petitJ'ai dû parler trop vite...
Voilà la dernière en date de Madame V., en dehors du fait que nous avons attendu un quart d'heure devant sa porte qu'elle veuille bien laisser Miss Mélie partir, surchargée de sacs de jouets qu'elle n'ouvrira probablement pas de toutes les vacances, à se demander si c'est elle qui demande à les emmener...

Hier soir, 18 heures, nous sommes donc devant la porte de Madame V, à Trou Perdu, pour "récupérer" Miss Mélie pour la semaine de vacances qu'elle passe chez nous... Sitôt dans la voiture, Miss nous demande, à brûle-pourpoint, comment elle va faire pour son spectacle de cirque... le soir même... Gloups... On avait bien lu ça dans le journal les jours précédents, mais comme nous n'avons jamais été informés "officiellement" du fait que Miss Mélie faisait du cirque, ni dans quelle association, difficile de faire le lien avec certitude... Ni une ni deux, la crapounette semblait y tenir (ça se comprend, le travail de toute une année pour manquer le spectacle à la fin, dur dur...), on cherche donc la salle où a lieu ledit spectacle (pas évident quand on est dans un bled paumé dont on ne connaît qu'une seule route, et que la miss ne sait pas où ça se passe...), on la trouve non sans mal, on rentre... On déboule en plein milieu des dernières mises en place de la troupe...
Comme tout père sensé, Chouchou fonce droit sur le prof, sa fille pendue au bout de son bras, pour savoir si elle peut quand même participer, sans costume, sans avoir répété ni s'être échauffée... Et là, qu'est-ce qu'on entend ?? "Ben alors, miss, ça fait huit jours que je t'attends pour les répétitions !!! Nous on a investi la salle tous les matins depuis le début de la semaine, et tu n'étais pas là !!!" Et le prof de se tourner vers Chouchou, l'oeil réprobateur : "Vous auriez pu prévenir !!"... Ben, c''est-à-dire que...
Chouchou explique, qu'il n'est venu qu'aujourd'hui chercher sa fille pour la seconde semaine des vacances scolaires, que c'est elle qui vient de lui parler du spectacle de ce soir, et qu'on venait voir, un peu en catastrophe, si elle pouvait malgré tout en faire partie, parce qu'on n'avait pas été mis au courant... Un peu sur les nerfs, Chouchou, quand même... En train de se dire "qu'est-ce que c'est encore que ce bordel ?"...
Et là, pour nous, le clou du spectacle : le prof qui nous rétorque "comment ça, vous n'étiez pas au courant ?? La maman de Miss Mélie m'a demandé il y a environ un mois, quand on a prévenu tous les parents, de lui remettre le courrier qui vous était destiné pour vous l'expédier elle-même !! Nous, on a cru que c'était votre mode habituel de communication..." (moi, mentalement : "Communication ? Quelle communication ?").

Allez, un petit QCM s'impose...
Pourquoi Chouchou n'a-t-il jamais reçu le courrier en question ?

a. La Poste s'est mise en grève illimitée depuis environ un mois.
b. Madame V. avait malencontreusement perdu notre adresse.
c. Madame V. ne sait pas écrire.
d. Madame V. a décidé que, de toute façon, le père de Miss Mélie n'avait pas à être prévenu des activités de sa fille, et qu'il valait mieux faire manquer le spectacle à cette dernière, histoire de pouvoir pleurnicher ensuite "mon ex est un goujat, à cause de lui, Miss Mélie n'a pas pu aller au spectacle de fin d'année...".
e. Nous avons malheureusement mis le courrier à la poubelle parce que le facteur l'avait vicieusement coincé entre deux publicités.

Reprenons dans l'ordre...
a. Nous recevons régulièrement du courrier, pas de problèmes à signaler de ce côté. Mauvaise réponse...
b. Madame V. a fait assez de foin au tribunal sur notre déménagement pour savoir parfaitement où nous habitons, d'ailleurs l'adresse est écrite noir sur blanc dans la procédure qui lui a été envoyée... Mauvaise réponse.
c. Ca, vu son degré zéro d'intelligence, on pourrait se demander... Mais elle est directrice de crèche, tout de même, ça implique de savoir utiliser un stylo, voire même un ordinateur (avec le correcteur orthographique même...). Mauvaise réponse...
d. Ahh...
e. Pas le genre de la maison, nous on vérifie plutôt qu'il n'y a rien entre les pubs avant de les balancer, et ce n'est d'ailleurs pas livré en même temps que le courrier... Mauvaise réponse.

Vous vous rendez compte ??? [adopter un ton mi-incrédule, mi-halluciné]
Cette [bip !] est capable, un mois à l'avance, de décider que sa fille sera privée d'un spectacle qu'elle prépare depuis septembre, et dans lequel elle s'est investie, parce que ce jour-là correspond au jour où son père doit venir la chercher... Elle est capable de demander qu'un courrier lui soit remis (quelle générosité soudaine pour faire la factrice !!), en sachant pertinemment qu'elle ne l'enverra pas, mais qu'il n'y aura aucune preuve de sa mauvaise foi... Elle est capable d'envisager que sa fille se verra refuser par son père d'aller "faire son cirque" (pas au sens péjoratif bien sûr !), et qu'elle pourra ensuite lui tailler un nouveau costard de co**ard fini auprès des voisins, amis et membres de l'association circassienne... Elle est capable, puisqu'elle est convaincue que sa fille n'ira pas au spectacle (et pour cause !), de la priver d'une semaine de répétitions, sans prévenir son prof qu'elle ne viendra pas... Docteur Freud, au secours !!!!

PS : Il y avait des voisins et des amis audit spectacle... Sans parler du journaliste local en train de faire des photos... Je serais curieuse de voir sa tête en apprenant que Miss Mélie n'a été privée de rien du tout, et que son prof a maintenant de sérieux doutes sur le comportement de sa folle de mère... Dieu merci, Miss Mélie tenait plus à faire son spectacle sous les yeux de son père qu'à rentrer dans les manigances de sa mère... Mais au final, c'est quand même elle qui trinque... Je suis sidérée...

Posté par Mikaela à 10:58 - Miss Mélie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 mars 2007

Dis Papa, t'as combien de chemises avec un crocodile dessus ?

lacostecrocodile02Voilà le genre de petites questions innocentes que Miss Mélie pose à son père quand il en a la garde... (Ou bien encore, "dis Papa, combien tu gagneras d'argent quand tu auras du travail ?"...). A mon tour, je m'interroge : est-ce qu'une petite fille de huit ans, qui est tout sauf une fashion victim (chez nous, sa garde-robe est siglée Z., et chez sa mère, c'est Leclerc et Décathlon...), et qui n'a aucune notion de la valeur monétaire des choses, poserait spontanément ce genre de questions ??
Vous me direz, ça dépend du contexte... Ok...
Il y a quinze jours, Chouchou était assigné au tribunal par madame V. pour une demande de pension alimentaire. Sur la convocation, il était précisé qu'il avait déclaré une grosse somme aux impôts en 2005, et qu'il devait donc avoir des salaires suffisants pour verser de l'argent à sa pôôôôôvre ex-épouse, laquelle n'arrive pas à s'en sortir avec deux enfants, un petit salaire et des crédits à gogo... Pour accréditer son histoire, madame V. fournissait généreusement trois bulletins de salaire effectivement misérables (nettement inférieurs aux miens, c'est dire...!), sur lesquels on pouvait toutefois lire que, sur les trois mois en question, elle avait cumulé tant d'arrêts maladie et de congés qu'elle n'avait pas travaillé une seule journée... Comme disent les d'jeuns, "trroop duurr"... Rien sur les salaires de la tête à baffes du charmant monsieur qui partage sa vie, rien sur les aides sociales qu'elle perçoit, et par contre, plusieurs offres de prêt (depuis quand une offre de prêt a-t-elle valeur légale ?)... au nom de monsieur, jusqu'au crédit qu'il rembourse pour une voiture achetée avant leur installation commune... Bref, tout ça respire la sincérité, et éventuellement la plus sombre des misères, comme d'habitude...
Donc, il y a quinze jours de cela, l'avocat de Chouchou, après avoir obtenu, non sans mal, des justificatifs de revenus un peu plus cohérents (ohhh, incrédibeule, au final, il s'avère que madame V. à elle seule gagne plus de deux fois mon salaire, et qu'elle touche en prime des prestations de la CAF qui sont proprement hallucinantes, sans parler des revenus de son cher et tendre...), l'avocat de Chouchou donc, s'est fait un plaisir de démonter la situation de la pôôôôôvre madame V., tout en soulignant que la déclaration 2005 de Chouchou avait déjà été produite devant le tribunal l'an dernier, et qu'il aurait donc suffi de lire le dossier...
Eh bien, dans ce cas-là, qu'est-ce que vous croyez que madame V. répond au juge ??? Fastoche ! Comme chacun sait, Chouchou cache ses revenus... C'est évident voyons...!
La preuve : Chouchou n'habite pas en HLM, donc il a de l'argent !! CQFD ! (Sauf que, pauvre grognasse, chère madame V., Chouchou habite dans mon appartement, et que j'y étais bien avant de le connaître..., et puis c'est super sympa pour les gens qui vivent en HLM, par exemple, au hasard, la mère de madame V.).
Autre argument de choc : Chouchou roule dans une BMW !! Rha la la... Si avec ça, vous n'avez pas toutes les preuves qu'il dissimule des ressources...! (Sauf que [bis repetita], c'est une vieille BM, avec 150 000 km au compteur, et qui va nous ruiner en réparations tellement y'a de pièces à remplacer dessus...).
Troisième élément poids lourd : Chouchou a déménagé dans un appartement plus grand, mais c'est lui qui a demandé à avoir des cautions, parce qu'en vrai, il n'en a pas besoin !!! (elle frôle une plainte en diffamation des cautions en question sur ce coup-là...)
Et pour finir, le coup de massue : "Mais enfin, Madame la Juge, il était un brillant directeur artistique, ce n'est pas possible qu'il n'ait pas retrouvé de travail !!!" (Chouchou, téléphone tout de suite à ton ex-employeur, t'étais directeur artistique et il ne le savait même pas !!!) [Je rappelle au passage à l'aut' grognasse madame V. que c'est elle qui a fait le nécessaire pour que Chouchou soit viré...]
Bref, madame V. étant définitivement et irrémédiablement perdue dans le monde des paranoïaques (tout le monde il est méchant avec moi, et tout le monde il me cache des choses), son leit-motiv et son passe-temps favori sont devenus "mon ex-mari cache forcément de l'argent pour ne pas m'en donner un centime"... D'où le retour à ma question de départ : peut-on croire innocente une question sur le nombre de chemises à crocodiles possédées par Chouchou ?
Ce qui est terrible dans cette histoire, c'est que Miss Mélie, du haut de ses huit ans, se retrouve embrigadée par sa propre mère pour jouer les agents d'information, sans doute sur des prétextes douteux mais effrayants pour une enfant de son âge, genre "sinon les gendarmes vont emmener Maman en prison" (ça, c'est pour ne rien répéter de ce qui se passe à Trou Perdu... : "c'est secret..." avec un doigt sur la bouche...).
J'ignore ce qu'on peut lui dire pour l'ammener à poser ce genre de questions, mais elle a parfois l'air tellement angoissé avant que la question ne sorte que les arguments maternels doivent lui sembler particulièrement terribles. Et dans ce cas-là, difficile de savoir que faire... Répondre, c'est hors de question... Ca reviendrait à se justifier de nos moindres décisions personnelles vis-à-vis de sa mère. Lui dire que sa mère est paranoïaque et qu'elle peut poser elle-même ses questions ? On nous accuserait d'essayer d'orienter Miss Mélie contre sa mère, et puis de toute façon, je ne crois pas qu'elle ait à entendre ce que nous, adultes, pensons de sa maman... On a opté pour une réponse "ça ne te regarde pas, c'est une question de grande personne", qui est plus une esquive qu'autre chose, mais qui n'est pas non plus satisfaisante dans la mesure où elle laisse s'insinuer un doute dans l'esprit de Miss Mélie, déjà passablement embrouillée par ce qu'elle entend sur son père quand elle est à Trou Perdu...
Si quelqu'un dispose d'une solution miracle, ne soyez pas avares de commentaires, parce que des situations comme ça, on y est confrontés un week-end sur deux...

Posté par Mikaela à 12:37 - Miss Mélie - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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