25 juin 2007
Pas eu le temps...
... d'entretenir mon blog ces derniers temps. Trop de travail, et puis là, je suis malade. A deux jours des soldes, avec les horaires de fou que ça représente, c'est vraiment le moment. Et comme vous pouvez le constater, quand je suis patraque, je ronchonne... Mais dès que possible, je rédige un billet, j'ai (encore) un coup de gueule à pousser contre madame V., histoire de changer un peu... Et puis, je devrais bien trouver deux ou trois autres trucs à raconter...
11 juin 2007
Mimi est débordée...
Mes amis, vous n'allez pas le croire, je sors d'une semaine de vacances. Si si... Et c'est pas la peine de commencer à me houspiller parce que depuis dix malheureux jours, je n'ai pas écrit la moindre blog-note, alors que j'étais sensée avoir tout le temps pour ça...
Parce que, voyez-vous, je n'ai pas eu une minute à moi. Et que c'est aujourd'hui seulement, alors que je reprends mon boulot à 9h50 demain matin, que je peux envisager sérieusement d'écrire une bricole avant de me mettre à rédiger mes cours pour la rentrée prochaine.
Et non, si je n'ai pas eu le temps de blog-noter, ce n'est pas parce que je me suis laissée dépasser par une flemmingite aigüe qui m'aurait collée sous la couette jusqu'à pas d'heure tous les jours. J'entends bien les mauvaises langues qui essayent de vous convaincre du contraire... tss tss, pas de ça chez moi.
Parce qu'en fait de vacances, la semaine dernière a été le plus grand marathon auquel Chouchou et moi-même nous soyons livrés depuis longtemps... Et, en l'occurrence, c'était une première pour l'un comme pour l'autre dans ce domaine précis : le Congrès Archéologique de France.
Le Congrès Archéologique de France, bande d'incultes, chers amis, se réunit une fois par an dans une région différente de France sillonnée, pendant six jours, par un nombre variable mais toujours conséquent de congréssistes particulièrement passionnés par la culture et le patrimoine national. Chaque journée comprend en moyenne quatre visites de sites et monuments "remarquables", selon l'expression consacrée, sous la houlette des (paraît-il) plus grands spécialistes des lieux présentés. Je dis "paraît-il", parce que j'ai eu la chance de présenter deux sites, et que je ne me considère décidément pas comme leur plus grande spécialiste... (mais vous m'direz, les autres sont peut-être déjà tous morts..., allez savoir...). A l'issue du Congrès, les présentations d'édifices sont regroupées et développées au sein d'une publication considérée comme haut-de-gamme. Dans deux ans et pas avant, d'accord, mais quand même.
Et donc, entre les visites, conférences, remises de prix, déjeuners (en terrasse, parce que OUI, il fait beau chez nous !), préparation de mes propres interventions, stress pré-conférence et déplacements aux quatre coins du département, je n'ai pas eu le temps de m'apercevoir que j'étais en vacances... Un comble, moi qui les attendais depuis Noël...
Mais, cela dit, le jeu en valait la chandelle. Je retourne chez Zzzzz... avec un ego regonflé à bloc (ça va pas plaire à ma patronne, c't'affaire...), tant les compliments sur mon travail se sont multipliés pendant la semaine.
Je ne sais pas quel est le domaine d'activité de la plupart d'entre vous, ô lecteurs (que votre nom soit sanctifié, que votre volonté soit faite), mais peut-être, au cours de vos études, ou de votre formation, ou peu importe dans quelles circonstances, avez-vous eu des sortes de "maîtres à penser", ou tout au moins, des "références" incontournables...
Dans mon cas, il y avait une poignée de noms, écrits sur la couverture de quelques gros ouvrages placés en tête des bibliographies que nous remettaient nos profs en début d'année universitaire. Avec un bref résumé de leur cursus en quatrième de couverture. Des parcours qu'en fermant les yeux, j'imaginais fort bien reproduits, dans un avenir lointain, sur un papier glacé où trônait en grands caractères mon propre nom (quoi ? Qui n'a jamais rêvé d'un truc de ce genre me jete la première pierre, hein !!).
Et bien, je vous le dis, quand soudain, vous pouvez mettre un visage sur ces noms (ces mêmes noms qui vous ont pourtant fait souffrir il y a quelques années, rappelez-vous, quand il fallait ingurgiter les 650 pages de texte que leur talent et leur savoir avaient transformées en incontournables pour les partiels et l'examen de fin d'année...), et que ces visages se tournent vers vous en souriant et en disant (même à Chouchou, qui recueillait les compliments à ma place !!) "Cette fille a du chien, elle ira loin"..., d'un seul coup, vous savez que vous auriez bien tort de ne pas persévérer...
29 mai 2007
Le Grognasse d'Or 2007 est attribué à...

-- Roulements de tambours --
Sans surprise, madame V. rafle la mise, très loin devant toutes les autres concurrentes potentielles... Oui, je sais, j'aurais dû faire durer le suspens, façon Virginie Efira à la fin de la Nouvelle Star ("quel candidat va retrouver la paix être envoyé à l'abattoir ce soir ???? [musique angoissante...]")... Mais il y a déjà assez de madame V. qui joue avec mes nerfs, je ne vais pas vous infliger le même supplice, non non, n'insistez pas... De toute façon, à ce stade, elle devrait être hors-concours...
Souvenez-vous l'été dernier le week-end dernier (oui, je sais, elle est nulle celle-là, et j'ai même pas vu ce film d'ailleurs...), je vous racontais l'énooormisssssime surprise d'une Miss Mélie a priori désireuse de jouer les prolongations chez nous en venant avec un jour d'avance. Nous étions, certes surpris, mais néanmoins fort contents de sa démarche, d'autant que la Miss nous jurait ses grands dieux que c'était elle qui faisait la demande, toute seule (oui, parce qu'elle s'est tellement attribués les désirs de sa mère par le passé qu'on en arrive à douter systématiquement de sa parole, ce qui est en soi déjà dramatique...). Mais quand même, l'expérience aidant, on se demandait quelle forêt pouvait bien cacher cet arbre...
Et bien, les Gens de l'Internet, on a trouvé la forêt, pas plus tard qu'aujourd'hui... Il faut que je vous raconte... Si si, vraiment.
Les mauvaises langues disent que, par chez nous, il pleut sans arrêt ("il n'a plu qu'une seule fois, du 1er au 15..." pfff... !!!). Et le fait est qu'hier, ce n'était pas terrible. Prudents, nous sommes restés cloîtrés chez nous... Mais aujourd'hui, jour pas tout à fait ferié où je ne travaillais pas (et non, chez Z., on ne pose pas de RTT...), le soleil revenu incitait à prendre enfin un peu l'air sur la côte. D'un coup de voiture, nous voilà face à la mer, appareil photo au poing (au fait, qui est allé voter pour Chouchou, hein ??), prêts à immortaliser quelques beaux bouquets d'écume. Mais ce n'est pas ça le sujet...
Sur le chemin du retour, le portable de Chouchou se met à sonner... Il doit être pas loin de 17h. Perdu au fond d'une poche, elle-même coincée par la ceinture de sécurité, le téléphone sonne, sonne, et Chouchou se contorsionne... en vain. Quand le téléphone cesse de vibromasser vibrer sur sa cuisse, il n'a pas réussi à décrocher. Numéro masqué, pas de message sur le répondeur, encore un commercial qui veut vendre un truc...
Une bonne demie-heure plus tard, nouvelle sonnerie. Cette fois, on est à l'arrêt, le téléphone a quitté la poche du pantalon pour se loger dans celle, beaucoup plus facile d'accès, du blouson. Lui-même posé sur une chaise, sous ma propre doudoune, mon sac à main, l'appareil photo, i tutti quanti. Ok, je plaide (un peu) coupable... Le temps de faire réapparaître le blouson (n'est pas David Copperfield qui veut...), de trouver la bonne poche... paf ! C'est trop tard. Le numéro est toujours masqué et il n'y a toujours pas de message, mais là, l'instinct de Chouchou lui sussurre à l'oreille qu'il y a du Miss Mélie là-dessous. Et que sa mère n'est pas loin derrirèe.
19h30, chez les parents de Chouchou. Invités à dîner, on s'affaire à la préparation de l'omelette -pommes de terre du jardin (qui mériteraient à elles seules un billet, voilà, c'est dit...), quand le portable de Chouchou recommence sa sérénade (et si vous saviez à quel point cette sonnerie est ridicule, vous comprendriez que quand il ne décroche pas, il ne le fait vraiment pas exprès...). Il est toujours dans une poche du blouson, le blouson est, cette fois, seule sur une chaise, mais... tout le monde a déserté la pièce pour la cuisine où le beurre crépite dans la poêle (j'entends déjà les adeptes des régimes pré-estivaux crier au scandale... M'en fous, j'aime pô la plage !). Le temps de réagir ("c'est quoi ce bruit ?" ; "ce serait pas ton téléphone ??"), de sauter sur le blouson, d'attraper le portable, je vous le donne en mille... Encore manqué. Mais là, les soupçons se confirment. Laconiquement, une petite vois de huit ans et demi, dit au répondeur "Papa, c'est moi, tu peux rappeller ?", et raccroche.
Pour ceux qui s'imaginent qu'à ce moment de l'histoire, Chouchou recompose le numéro, et se lance dans un dialogue souriant avec sa fille, qui n'appellait que pour avoir de ses nouvelles.. OH OH !!! Redescendez de votre nuage... C'est de Miss Mélie et Madame V. dont on parle !!!
Ok... Erase. Rewind.
Non, parce qu'en fait, on a à peine eu le temps de dire "Ouf !" que le téléphone fixe des grands-parents se met à sonner... Tiens donc... Petite voix au bout du fil, qui ne sait pas très bien ce qu'elle doit dire, et paf, communication coupée. Il paraît que la ligne fonctionne mal à Trou Perdu...
Un peu énervé par ce harcèlement téléphonique (quel intérêt d'appeler sur le fixe d'une maison où nous n'avons pas plus de raisons d'être que ça ? D'ailleurs, nous-mêmes ignorions qu'on y passerait la soirée...), Chouchou compose le numéro de Trou Perdu et tombe sur sa fille... (enfin...)
Miss Mélie : "Oui, c'est pour savoir si je peux rester chez maman le Week-end prochain, parce que c'est la fête des Mères..."
Chouchou : "Pourquoi ne pas en avoir parlé avant ? Nous on a déjà prévu des choses pour ce week-end..."
Miss Mélie, soudain intéressée : "c'est quoi dis ????"
Chouchou : "On va à la piscine avec Tata Karen et des amis qui viennent avec leurs enfants... Mais si tu veux, on peut te ramener un peu plus tôt dimanche..." (il faut savoir que Miss Mélie nous tanne, et sa tante avec nous, pour qu'on aille à la piscine avec elle depuis de nombreuses semaines...)
Miss Mélie : "oh, c'est génial... Attends, il faut que j'aille demander à Maman..."
[...]
Miss Mélie : "Oui, mais c'est dommage quand même, que je puisse pas rester là pour la fête des Mères..."
Chouchou : "la fête des Mères, c'est juste le dimanche, je t'ai dit qu'on pouvait te ramener plus tôt si tu voulais... Mais tu as peut-être prévu aussi quelque chose ?" (doit-on faire le compte des fêtes de Pères où Chouchou n'a même pas eu un coup de fil de sa fille ??)
Miss Mélie, coincée entre deux chaises : "Euh, non, rien je crois. Il faut que je vois avec Maman..."
Chouchou, fatigué : "On va faire mieux que ça. Passes moi ta mère..."
Madame V. est définitivement la plus prévisible des femmes... Faisant jouer la bonne grâce qu'elle a mit pour faciliter un week-end prolongé dix jours auparavant, elle estime qu'il est de son droit de demander, que dis-je, d'exiger qu'un échange de week-end soit opéré... Elle n'a d'ailleurs pas précisé de quel week-end il était question.
En soi, la démarche (d'une demande, non d'une exigence) serait compréhensible, et je dirais même, normale... C'est la fête des Mères après tout. Ce qui est choquant, c'est le calcul opéré. Je fais semblant d'être gentille et coopérative (et je suis convaincue que si la demande émanait bien de Miss Mélie, sa mère n'y a accédé qu'en pensant en retirer ensuite un bénéfice...), juste une fois, une seule, et je considère ensuite que tout m'est dû. Surtout, et c'est ce qui me met hors de moi, une fois encore, c'est Miss Mélie qui joue les factrices... La demande n'avait en soi rien de surréaliste. Pourquoi, alors que Madame V. se plaisait, il y a quelques jours, à faire des leçons de morale sur le thème "puisqu'on peut parler", pourquoi ne pas en avoir profité pour exprimer le voeu d'intervertir deux week-ends, en raison de la fête des Mères ? Pourquoi demander à une petite fille de huit ans d'appeler (tout de même quatre fois consécutives !!) pour s'attribuer une démarche qui venait d'abord de sa mère ??? Pourquoi ne pas avoir fait preuve de l'intelligence la plus élémentaire en décrochant elle-même le téléphone ???
Madame V., si vous passez par là : prenez vos responsabilités en tant qu'adulte, et en tant que mère. Quand vous avez quelque chose à demander à votre ex-mari et définitivement-père de votre fille, plutôt que de vous cacher derrière une enfant, faites vos démarches vous-même. Pour une fois dans votre vie, assumez vos choix. Vous vous pensez irréprochable, vous savez tout mieux que tout le monde, vous vous permettez même de faire la leçon aux autres, car les autres ne vous arrivent pas à la cheville, tout le monde sait ça... Vous jouez les grandes dames, vous vous pavanez, vous mettez un vernis brillant sur une personnalité médiocre. Il n'a pas fallu plus de 5 mn à Chouchou pour vous faire dire que de toute façon, vous vouliez la moitié de l'argent bloqué chez le notaire depuis la vente de la maison... Vous faites de grands discours ("Miss Mélie est une personne à part entière") mais vous l'utilisez sans vergogne comme entremetteuse et comme informatrice depuis des années, sans vous soucier une seule seconde des conséquences que peut avoir votre comportement sur sa personnalité. Madame V., vous êtes la femme la plus pitoyable qu'il m'ait jamais été donné de rencontrer...
Groumphh... Ce coup de gueule étant passé, inutile de préciser que le dialogue a, cette semaine, été beaucoup moins courtois que la semaine précédente... Chouchou a réussi à conserver son calme, et à montrer une maîtrise, même après avoir raccroché, dont il ne parvenait pas à faire preuve il n'y a pas si longtemps. Et à expliquer que, jusqu'à présent, il n'avait été question que d'arrangements unilatéraux, au bon vouloir de madame. Que les différents étaient bien loin encore d'être réglés entre eux pour pouvoir transgresser le jugement du tribunal. Et qu'en conséquence, comme elle le lui avait si bien fait remarquer à plusieurs reprises au cours de l'année, il fallait s'en tenir à ce dernier. Les questions de liquidation de la communauté (qui traîne depuis plus d'un an et risque durer ebcore quelques années) sont arrivées sur le tapis... Je ne suis pas convaincue que les problèmes notariaux puissent être mis en balance avec les week-ends de garde, mais sur le fond, je comprends la position de Chouchou. A de multiples reprises (on ne les compte même plus, trop long...), il a accepté de rendre des services, des arrangements de ce genre, en espérant dénouer le conflit, faire avancer les choses... Rien n'y a fait. Des week-ends à échanger, il en a accepté quelques-uns... Madame a eu les siens, mais n'a jamais rendu la pareille. Il y a eu des cessions de week-ends, non des échanges. Chouchou a proposé des arrangements plus qu'avantageux pour elle dans le cadre de la liquidation des biens, mais elle ne veut rien entendre, parce qu'il y a de l'argent en jeu et qu'elle a la bave au bord des lèvres dès qu'il est question d'Euros. On la soupçonne d'être en train de mettre en vente le mobilier de la communauté qu'elle a intégralement conservé, pour financer les multiples crédits à la consommation grâce auxquels elle se donne l'impression de mener grand train...
Tout ceci mis bout à bout, il devient impensable d'accéder à ses requêtes, quelles qu'elles soient. Jusqu'ici, elle s'est habituée à un ex-mari qui, voulant la paix, espérait naïvement l'obtenir en disant "amen". Jusqu'ici, elle n'a jamais su faire face à quelqu'un qui lui disait "non". Sa seule réponse est une crise hystérique, et une fuite vers autre chose.
A n'en pas douter, elle va dresser un nouveau portrait de Chouchou, ce père indigne qui refuse de laisser une pôôôôvre petite fille avec sa Môman le jour de la fête des Mères (sans se vanter, bien sûr, d'avoir tout fait pour le priver de sa fille...), et lui mener encore la vie dure. Mais ça, on le savait déjà. Il est bien conscient que, dans cette histoire, c'est encore et toujours Miss Mélie qui va trinquer, mais je ne me fais aucune illusion : quoiqu'il dise, quoiqu'il fasse, quoiqu'il accepte ou refuse, Miss Mélie sera toujours utilisée par sa mère, comme elle l'a été jusqu'à présent... Mieux vaut alors garder un peu de dignité et de fierté. Mieux vaut avoir l'air d'un salaud devant des gens qui ne vous connaissent pas, que d'être pris pour un con...
Edit : oki, le titre n'est pas du meilleur goût, je vous l'accorde... Mais je continue de sécher pour en trouver un meilleur, et c'est dra-ma-ti-queuh. Décidément, cette [bip!] ne m'inspire jamais rien de poétique.
21 mai 2007
A star is born...
Chouchou est un artiste. Vi, parfaitement. Et d'ailleurs, si je l'ai affublé du ridicule surnom de Chouchou, c'est par égards pour sa modestie légendaire et pour éviter les hordes de fans déchaînées sous nos fenêtres...
Chouchou est graphiste et oeuvre depuis quinze ans dans le monde merveilleux de Candy de l'audiovisuel. Il a réalisé des pubs, des bandes-annonces, la charte graphique de pleins de programmes que tout le monde connaît (genre : les gribouillis de "Un gars, une fille", c'est son écriture et son idée à lui... Il aime pô ça que je le dise, mais un quart d'heure de gloire de temps en temps, c'est bon pour le moral... naannn, pas tapeeeer...), des logos publicitaires et tout le tralala... A ses heures, il fait aussi de la photographie, et pour que je lui foute enfin la paix, il a même conçu en un tour de main ma mâââgnifique bannière... (Chouchou tout puissant, que Ton Nom soit sanctifié, que Ta Volonté soit faite... ) A y'est, c'est bon, je l'ai dit, tu peux lâcher ce couteau maintenant siteplé ????
Trève de plaisanteries...
Dans le monde merveilleux de Candy de l'audiovisuel, il y a des jours où ça ressemble plutôt à un gang de requins... Et donc, un jour où il faisait gros temps chez cette espèce en voie de disparition que sont les intermittents du spectacle, Chouchou s'est retrouvé passé par-dessus bord, poussé sans le faire exprès par deux abrutis notoires collègues incompétents qui briguaient la place (aidés sans le savoir par Madame V., mais c'est un autre sujet...), et dont tout le monde se plaint aujourd'hui. Z'aviez qu'à y penser avant !!!
Pas complètement fâché de pouvoir profiter de l'occasion qui lui était offerte de quitter la trépidante vie parisienne, Chouchou est donc retourné à ses racines, avec l'ambition de créer sa propre structure dans une ville où, n'en déplaise aux jeunes étudiants des BeauZarts et autres Zécoles de design du coin, le talent et l'expérience sont rares... Ici, on se contente d'un Pas Terrible, fait avec du Pas Grand'Chose...
Mais creuser son trou, et se refaire un nom, dans ce milieu où tout évolue à la vitesse de l'éclair, ce n'est pas chose facile... Alors, comme je n'en suis pas encore au stade où je peux l'aider en rérpondant aux appels téléphoniques passés par des clients étrangers dans mon perfect english, je lui fais un peu de pub avec ce que j'ai sous la main...
Alors donc, braves gens de la blogosphère qui passez sans me voir par ici, si le coeur vous en dit, cliquez sur ce lien et admirez... Vous avez même le droit de vous inscrire sur le site (ça ne coûte rien et ça n'envoie pas de pubs intempestives...) pour voter pour l'une (voire même plusieurs) des photos présentées par Chouchou dans le cadre d'un concours organisé par les excellentissimes professionnels de chez Canon (d'ailleurs, chers messieurs, pour la pub que je suis en train de vous faire, un p'tit remerciement en nature serait pas de refus, genre le dernier numérique de la gamme pro, un truc dans ce genre, quoi... Allez, soyez sympas....!). Ce sont les professionnels qui votent, mais les internautes peuvent aussi participer...
Allez, tous à vos mulots !!!
Edit : à la demande expresse de Chouchou, je tente un aperçu des quelques-uns de ses derniers clichés... Mais que ça ne vous dispense pas de voter pour lui hein...!!! (A y'est, c'est fait, tu veux bien arrêter de me tordre le bras dis, siteplé, sois sympa, d'accord, tu auras un massage, voui, tout ce que tu veux, mais lâââââches mon bras...)
20 mai 2007
Je ne dois plus être jeune...
Chez nous, depuis trois jours, c'est la Foire aux Croûtes...
Pour les fans du Journal de la Santé, non, ce n'est pas une manifestation à connotation médicale destinée à rassembler des fonds pour aider les chercheurs à lutter contre le psoriasis...
La Foire aux Croûtes, c'est trois jours d'exposition sur une petite place de notre quartier, rassemblant des artistes plus ou moins talentueux (mais tout est affaire de goût...) qui, dans le meilleur des cas, vendent leurs créations au public nombreux venu les admirer... Les mieux installés (et probablement dans tous les sens du terme) ont droit à de grands barnums avec accès payant, tandis que les autres affrontent au mieux le risque permanent des intempéries en abritant leurs oeuvres sous des tentes de fortune... Le bon y côtoie le moins bon, les personnalités affirmées dialoguent avec les artistes qui se cherchent encore, une scène musicale donne leur chance à des groupes pas toujours doués (je pense au jeune groupe du premier jour où guitariste, bassiste et chanteuse jouaient chacun leur partition, avec un demi-temps d'écart pour chacun d'eux...), tandis qu'un musicien surdoué, lui pour le coup, gratte les cordes de sa guitare dans un coin... C'est bon enfant, et la bière coule à flots à la buvette...
Le problème, pour nous, gens du voisinage, se révèle le soir... Les concerts éléctro-punk-rock-psychédéliques regroupent une population de jeunes et fervents adeptes, non pas de la musique, mais de la boisson alcoolisée nommée ci-dessus. La plupart arrivant au début du concert déjà imbibés plus que de raison, je soupçonne que la qualité du programme proposé ne soit pas un argument de poids... Tout l'après-midi, on les voit passer sous nos fenêtres en micro-groupes, le pack de Cro sous le bras (un pack par personne, cela va de soi...). Plus l'heure tourne, plus le pack est léger (ou renouvellé à la superette du coin) et plus la démarche se fait hésitante, et la voix éraillée... Vers 19h, répit : le concert va commencer, les packs de Cro sont sagement empilés sur la place... Sous surveillance constante de leurs propriétaires.
Là où ça se gâte, c'est à la fin du concert... Après quelques tentatives infructueuses pour retrouver son chemin, les micro-groupes s'arrêtent à l'endroit où l'abus de bière leur impose de stopper. Les plus chanceux habitent le quartier, et réussissent tant bien que mal à retrouver et leurs clés, et la serrure de leur appartement... Alors, comme tout ce joli monde a (il faut au moins leur reconnaître ça) un sens aigu de la solidarité, ceux qui ont un foyer invitent chez eux ceux qui ne retrouvent pas le leur... Et donc, pendant trois jours nuits, nous autres, qui ne faisons de la bière qu'une consommation modérée les jours de forte chaleur et qui avons le malheur de travailler toute la journée, même le samedi..., avons le droit de ne pas fermer l'oeil et d'oublier l'idée saugrenue qui nous avait effleuré de pouvoir enfin ré-cu-pé-rer.
En dehors de ce simple fait de ne pas pouvoir dormir (qui se cumule malencontreusement avec toutes les autres expériences nuitardes du voisinage dont j'ai déjà fait état...), ce qui me frappe le plus dans cette histoire, c'est la relation qu'entretienne ces jeunes avec l'alcool en général, et la bière en particulier. Ils ont, on va dire, entre 16 et 28 ans, et se "biturent la tronche" comme on croque des tablettes de chocolat. Le but n'est même pas de passer un bon moment ensemble à refaire le monde, c'est juste d'être bourré le plus vite possible, et s'éclater devant les discours incohérents et les démarches titubantes des uns et des autres. Et ben, moi, ça m'angoisse de voir ça... Je n'ai que quelques années de plus qu'eux, j'ai grandi dans la même société, avec les mêmes doutes et les mêmes questionnements sur l'avenir qui nous est réservé (le chômage, les diplômes qui ne valent que le prix du papier sur lequel ils sont inscrits, l'augmentation délirante du coût de la vie, l'incapacité d'envisager sérieusement de pouvoir bientôt s'installer comme nos parents avaient pu le faire...), mais je suis attérée, et je me sens totalement étangère à cette attitude, comme une vieille bique qui n'aurait pas su évoluer avec son temps ou une bourgeoise bon-chic-bon-genre qui n'a jamais eu à se poser de questions.
Dans la ville où je vis, la proportion de jeunes consommant de l'alcool à forte dose est en augmentation constante. Malgré l'instauration (depuis 1984, ça fait une paille!!) de "défis" où, pendant quelques jours, on leur propose de ne pas toucher à l'alcool (dans le genre "en êtes-vous capables?"), le résultat est là, tous les jours, dans la rue, quand je vais travailler ou quand je sors le soir... Les jeudis étudiants sur le parvis de la fac, avec des amas de verre cassé le lendemain matin, sont devenus la norme incontournable... La moindre manifestation culturelle donne lieu à des orgies de bière-whisky-gin-vodka. Le pire, je le vois dans la superette de mon quartier où, dès qu'approche la fin de semaine, les stocks d'alcool augmentent considérablement dans les rayons, à tel point qu'il faut se contorsionner pour passer entre les cartons de Cro et autres Despé, posés à même le sol... Superette qui est d'ailleurs devenue, et pour cause, le point de ralliement des alcooliques chevronnés et de ceux qui sont en passe de le devenir...
19 mai 2007
Moi, je dis méfiance...
Oui, parce que ce week-end, c'est week-end de garde...
Donc, comme avant chaque "Droit de Visite et d'Hébergement", Chouchou, un peu en stress quand même, décroche son téléphone pour appeler à Trou Perdu et prévenir, le plus souvent le répondeur, qu'il viendra chercher sa fille à l'école le samedi midi...
Jeudi, une fois n'est pas coutume (mais c'était jour férié alors...), Chouchou est tombé en direct sur madame V. Pas bonjour, hein, on n'est pas des bêtes... Il dépose sa phrase habituelle dans le combiné, pas de réponse... Madame a raccroché. C'est-à-dire que c'est à peu de choses près, comme d'habitude...
Et puis, hier matin, Chouchou reçoit un sms... "Miss Mélie n'a pas école samedi"... Incrédibeule ! Il a fallu 24h de réflexion pour s'en souvenir !!! Ben oui, ça pose un petit problème tout de même... L'idée, sous-entendue, était sans doute "t'auras qu'à venir la chercher à la maison à la même heure"... Oui, mais voilà, ça ne s'est pas passé coomme ça...
Tadam...
Tadadadam...
Le téléphone qui sonne...
... à 13 heures...
... Obligeant Chouchou à lever le nez de son assiette de salade de tomates-oeufs durs-avocats, spéciale régime (l'approche de l'été n'a pas d'effets secondaires que sur la gent féminine...).
C'est Miss Mélie, qui réclame que son papa vienne la chercher au-jour-d'hui...
Qui ne sait quand même pas très bien vers quelle heure... Qui, du coup, demande à sa mère ce qu'elle doit répondre... Chouchou entend chuchoter (essayez de le dire très vite pour voir...), mais Miss Mélie ne comprend pas bien... La notion du temps, c'est pas son truc... Alors, elle repose la question, Chouchou entend à nouveau chuchoter derrière... Ca pourrait durer longtemps...
Du coup, pas bête la guêpe, ni une ni deux, Chouchou interrompt les chuchotements... "Miss Mélie, on va pas y passer deux heures, passes-moi ta mère !"...
Ouh ben dites donc... Après cinq ans d'absence totale de dialogue (sauf si se faire insulter en pleine rue peut être considéré comme un dialogue, mais non... suis-je bête, il y a "deux" dans "dialogue"...), Chouchou se retrouve avec madame V. au bout du fil, bien obligée cette fois de faire face à la discussion... "Heu, oui, c'est-à-dire que... c'est Miss Mélie qui demande à venir, alors, heu..."
Trente minutes de face à face téléphonique sur l'éducation de la petite parce que, dixit madame V., "puisqu'on peut parler"... J'aurai décidément tout entendu...
Durant lesquelles Chouchou a la "surprise" d'apprendre que Miss Mélie ment sur ses notes, et collectionne virtuellement les ronds verts (mais qu'est-ce qu'elle s'imaginait ? A force de lui faire mentir et dissimuler à tout le monde, qu'elle-même serait épargnée ??? Je me tape le c** par terre de rire me gausse...).
Que Miss Mélie ne travaille pas à l'école, et qu'à la maison, elle n'y arrive pas beaucoup mieux... parce qu'elle "fatigue très vite intellectuellement"... Mouarf !!! On l'a vue suivre sans difficultés des conversations très intellectuelles à la maison, poser des questions et comprendre parfaitement les réponses, sans avoir un instant les neurones en berne... Et Chouchou de suggérer qu'il n'est pas impossible qu'elle s'ennuie simplement en classe et dans ce mode d'apprentissage...
Que si Miss Mélie n'a pas encore fait le test arachide pour essayer de soigner son allergie, c'est juste que sa maman n'a pas eu le temps de s'en occuper, mais que c'était prévu... l'année dernière !!! Heu... Vous voulez dire, l'année où vous n'avez travaillé que quatre mois sur douze ??? Mais c'est vrai... L'oisiveté, ça prend un temps fou !!!
Bon, je critique, je critique... c'est facile... Mais quand j'entends, le soir même, Miss Mélie raconter qu'elle s'est réveillée très tard un soir parce qu'elle avait mal réglé son réveil et qu'en ouvrant les yeux, elle a vu à la télé que le programme qu'elle regardait avant de s'endormir était terminé, je me dis qu'il y a du laisser-aller quelque part... Et que ça pourrait bien expliquer aussi pas mal de choses...
En attendant, nous avons donc Miss Mélie pour un week-end prolongé et impromptu, avec organisation d'activités sollicitant la tête et les jambes, et nous n'avons pour l'instant noté aucune trace de fatigue dans l'un ou l'autre domaine...
Ce qui, pour heureux que nous soyons de ce revirement de dernière minute, ne nous empêche pas de nous interroger sur le comportement soudainement bien conciliant de madame V. Il faut dire que, ces cinq dernières années, elle n'a été aimable que pour deux raisons : la première, quand elle avait besoin de quelque chose. La seconde, quand elle préparait un coup tordu en mettant à profit la gentillesse naïve de Chouchou. Mais, chat échaudé craint l'eau froide, et nous restons sur nos gardes... Après l'épisode du cirque, moi je dis... Méfiance...
PS : Je laisse le soin aux plus joueurs d'entre vous de trouver ce qu'est l'image choisie pour illustrer ce billet...
10 mai 2007
Billet à teneur hautement intellectuelle...
Plusieurs personnes m'encouragent à mettre sur ce blog des textes concernant mes recherches de thésarde... Même si je ne sais pas encore comment en parler sans faire fuir définitivement mes quelques lecteurs, c'est promis, c'est pour bientôt...
En attendant, voilà bien une chose sur laquelle je n'aurais jamais cru produire un billet : la Nouvelle Star de M6... Que Madame Patate me pardonne...
En règle générale (c'est-à-dire depuis deux ans, vu que j'avais pas la télé avant...), je me contentais de regarder les sélections. C'est très méchant, mais la nullité démesurée et non assumée de certains candidats m'assurait de passer une soirée d'hilarité, ce qui, par les temps qui courent, est toujours bon à prendre...
Cette année, alors que je ne regarde la Star Ac' que d'un oeil distrait quand je suis trop crevée pour réfléchir, et que je n'aime définitivement pas le concept de cette émission (et donc, oui, j'ai regardé -un peu-, ce qui me donne le droit de dire que je n'aime pas), je suis restée scotchée devant la Nouvelle Star... Pas seulement parce que chouchou est un ancien de M6 et qu'il peut me décrire par le menu les conditions de réalisation de l'émission comme si j'étais sur le plateau (est-ce vous savez, vous, quand le caméraman se casse la g***le ou quand l'ingénieur son a fait une fausse manip ??), mais surtout à cause de l'ovni du cru 2007... Qui, pas plus tard qu'hier soir, m'a laissée pantoise dans mon canapé, avec son interprétation très personnelle de la chanson des midinettes prépubères d'Alizée, "Moi Lolita"...
Perso, je préfère, et de loin, la version de Julien...
Je vous laisse juges...
http://www.dailymotion.com/video/x1xtgc_julien-moi-lolita-nouvelles-stars
07 mai 2007
'tain, on en tient pour cinq ans...

Je ne sais pas. J'ai encore un doute. J'hésite entre la colère et l'amertume. Ce qui est sûr, c'est que les cinq prochaines années ne vont pas être roses (sans faire de jeu de mots...). La belle devise au fronton des mairies et des écoles (surtout vu ce qui attend les écoles...) va-t-elle garder son sens ?? Pas sûr...
Ca craint...
PS : Merci Bellzouzou pour l'illustration estampillée RF de ce billet, c'est sur son blog que je l'ai trouvée...
25 avril 2007
Nos voisins les hommes... (le retour du retour du come-back)
Ca y est, ils sont de retour...
Après près d'un mois de tranquillité, nos chers voisins recommencent... Dans une moindre mesure, certes, on n'entend plus les meubles bouger jusqu'à pas d'heure, mais assez quand même pour raccourcir considérablement nos nuits. Je devrais dresser le programme télé de leur semaine, vu que le volume est assez fort pour suivre exactement ce qu'ils regardent. J'ai juste la flemme de me relever à deux heures du mat' pour chercher dans le programme télé le titre exact (ben oui, pas celles que nous on regarde, forcément...). Je maudis le cable, parce qu'au moins, avec seulement les chaînes hertziennes, les programmes de la nuit sont tellement limités pour les non-intellos que ça les obligerait peut-être à dormir...
Cette fois-ci, on a bien compris que, forcément, ce n'était pas eux les coupables, que, forcément, ce n'était pas de leur faute, que, forcément, ça ne pouvait pas être la demoiselle puisqu'elle travaille en soirée (mais bizarrement, son chéri, lui, il est là... Mais il a peut-être pas le droit de regarder la télé tout seul ??? Je me tape le c** par terre de rire suis perplexe...). Donc, on n'a pas pris la peine d'aller sonner à leur porte au beau milieu de la nuit (l'opération "se lever, remettre ses vêtements, sortir dans le couloir, sonner à leur porte avec l'oeil gauche à demi conscient de ce que fait l'oeil droit", merci, mais non merci). Nooonn... Nous, on a opté pour un courrier de deux pages adressé à notre propriétaire, lui récapitulant toute l'histoire depuis "the very beginning", avec mention de l'attitude particulièrement... comment dire... puante dégueulasse à ch**r hum..., déplacée, du syndic, lequel est, je vous le rappelle, l'heureux propriétaire de l'appartement concerné... Le courrier est parti hier...
Et pof ! Tout à l'heure, le téléphone sonne... Notre propriétaire vient aux nouvelles. Ben dites donc, rapide et efficace ! Elle nous a posé quelques questions, a écouté nos arguments, y a visiblement souscrit et, cerise sur le gâteau (si l'on peut dire...), a admis que dans l'histoire, le plus gros problème... c'était le syndic... Chouette ! On avait bien besoin de ça... "Vous savez, ce n'est pas quelqu'un de facile..." Ah oui, mais ça, je m'en fous comme de mon premier pyjama en pilou (euh non... En réalité, j'ai toujours mon premier pyjama en pilou dans l'armoire, mais faut pas l'dire à Chouchou...) comme de ma première chemise ! Moi, je veux juste pouvoir dormir... sans boules Quiès, sans somnifères, sans risquer de m'étouffer en mettant la tête sous l'oreiller au lieu de sur l'oreiller... En gros, ce co**ard brave homme ne tolère pas qu'on lui dise qu'il y a un problème avec SON appartement...
Après 20 minutes de discussion, nous avons demandé que le syndic soit tenu d'afficher le règlement de copropriété dans le hall de l'immeuble, afin que nul ne puisse l'ignorer, et qu'il rappelle à l'ordre SES locataires. La propriétaire nous a également demandé si nous accepterions de participer à une réunion rassemblant tous les résidents et propriétaires de l'immeuble, afin que soit évoqué le problème. A quoi nous avons dit un oui franc et massif... Elle se charge donc de contacter le syndic pour lui signifier ses obligations (Chouchou a évoqué un possible déménagement si rien n'était fait pour ramener le calme...) et, comme on n'est pas des rats, on va aller nous même prévenir les locataires du dessus de ce qui se passe, histoire de ne pas les prendre en traîtres...
On est sympas sur ce coup-là, non ??
24 avril 2007
C'est Pitte-oyable...
Comme je vous l'avais promis l'autre jour (avant d'être débordée par un week-end de folie avec une Miss Mélie survoltée), j'avais des choses à dire sur la politique de l'actuel président de mon université, dont je ne suis n'étais pas peu fière (ça je l'avais dit aussi...)... Ben oui, je suis sur-diplômée de la Sorbonne... Personne n'est parfait.
Et donc, parce que quand on sort d'un pareil établissement, on se doit d'être d'avoir l'air intelligent, j'ai des lectures triées sur le volet, jusqu'au programme télé qui n'échappe pas à cette sélection draconienne (bon, ok, dans les semaines qui viennent, évitez de consulter l'album 'Mes p'tites lectures" ou ma réputation va en prendre un coup...). Foin de Téléstar, Télé Loisirs et autres journaux à potins, non non, chez moi, on décode la programmation audiovisuelle choisit le film du soir avec Télérama... Tout de suite, ça vous catégorise intello... (ouf, c'est Chouchou qui nous a abonné, ça sauve mon honneur de greluche...).
En recevant le numéro de cette semaine, je suis tombée sur un reportage ultra méga graaave intéressant qui déchire sa race (j'suis intello, mais j'me soigne, vous voyez...) sur l'ouverture d'une antenne de la Sorbonne à Abu Dhabi... Décidément, il s'en passe des choses à Abu Dhabi ces temps-ci !
Autant, à propos de l'ouverture d'un Louvre dans cette même ville, j'étais plus que sceptique sur les intentions culturelles affichées par notre bon ministre, autant dans le cas présent, je me dis "ah ? Pourquoi pas ?". Au début...
L'aspect positif des choses, ce sont les conditions de l'enseignement. Des locaux neufs et spacieux, une organisation des cours similaire à celle pratiquée en France (mixité, laïcité), des profs de haute volée et, du moins je le suppose, un niveau d'exigences équivalent, c'est-à-dire (très) élevé... Réussir à mettre en place ce système d'enseignement sans heurts dans un pays aussi rigoriste que les Emirats, je dis "chapeau!"... 165 étudiants ayant à disposition le matériel de travail qui en France sert pour 15 000, ça donnerait presque envie d'aller finir ses études là-bas...
Pour Paris-IV, c'est jackpot... Tout est financé par les Emirats, y compris les salaires des profs détachés par l'université... Si tout le monde y trouve son compte, je ne vais pas crier au scandale.
Là où j'ai commencé à déchanter, c'est en lisant le montant des droits d'inscription : 12 000 euros annuels pous chaque étudiant... justifiés de la sorte par un responsable émirien : "L'éducation est devenue un business. Et un investissement pour les étudiants. S'ils ne veulent pas payer, qu'ils aillent dans le public. Mais si vous voulez l'excellence et un nom comme la Sorbonne, il est normal de payer !" Juste un petit rappel, au passage... En France, la Sorbonne n'est pas un établissement privé...
Là où j'ai crié au scandale, c'est en lisant le discours tenu par le président de la Sorbonne, Jean-Robert P. (j'ai déjà dit que je ne citais pas de noms sur ce blog, voir le titre du billet...), qui, pour résumer, entend bien développer ce nouveau concept à la France. Texto : "Augmenter les droits d'inscription et choisir nos étudiants est le meilleur moyen d'empêcher l'université de mourir..."
Décryptons : mettre en place un enseignement supérieur à deux vitesses, où seuls les plus fortunés auront accès aux meilleurs établissements, aux meilleurs profs, et aux diplômes les plus côtés ?? Quel beau rêve démocratique...
Si ce système ultra commercial avait été mis en place quand je suis sortie du lycée, jamais je n'aurais pu faire le parcours qui a été le mien... D'où ma réaction épidermique au discours de JRP.
Je viens d'un milieu modeste, Papa ouvrier, Maman au foyer, pas beaucoup d'argent, et un petit appartement dans le neuf-trois... Sectorisation oblige, je n'ai pas eu droit aux établissements secondaires de bon niveau existants dans Paris, pourtant plus proches à vol d'oiseau que le lycée de banlieue où j'ai dû aller étudier, et que je ne renie pas, parce que j'y ai appris beaucoup. Sectorisation toujours, j'aurais dû, en tout logique, poursuivre ma course post-baccalauréat à l'université Paris VIII - Saint-Denis, destination "privilégiée" des bacheliers du département. Sauf que Paris VIII ne proposait aucune formation en Histoire de l'Art... Comme mon dossier n'était visiblement pas trop mauvais (parce que, dans toute université, avant acceptation d'un étudiant, on regarde à deux fois le contenu de son dossier scolaire, et c'était vrai il y a déjà plus de 10 ans...), j'ai eu la chance (et je l'ai pris comme ça) de pouvoir entrer à Paris IV, le temple de l'enseignement universitaire public, la plus ancienne université de France et de Navarre. J'y ai reçu un enseignement de qualité, ça m'a demandé beaucoup de travail pour obtenir des notes correctes (avec certains profs, on aurait sabré le champagne si on avait réussi à avoir 11/20...), et je suis très fière de mes diplômes, parce que je sais qu'on ne m'en a pas fait cadeau... Etant aujourd'hui chargée de cours dans une petite fac de province, je vois d'autant mieux la différence de niveau : ici, les cours ne changent pas d'une année sur l'autre, et on revoie régulièrement à la baisse le niveau d'exigence, pour maintenir un taux de réussite correct... Subventions obligent...
Toujours est-il qu'avec les préceptes défendus par JRP, jamais je n'aurais pu aller aussi loin et, tout bêtement, faire ce que j'avais envie de faire. Et que, si ses idées se concrétisent à l'avenir, je serai bien moins fière de voir le nom "Sorbonne" inscrit sur mes diplômes... Une fac d'élite ouverte à tous, oui. Une fac d'élite pour l'élite exclusivement, non.







